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Le titre de meilleur groupe musical haïtien de l’année 2014 : Un bilan mitigé

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image Les Superstars du Kompa 2014

Le fanatisme constitue un handicap pour la plupart des gens et il les aveugle. Les décideurs de l’industrie musicale haïtienne (la HMI),  qui, par intérêt personnel ou à cause de leur attachement / rapprochement à un groupe musical, le choisissent comme meilleur orchestre haïtien de l’année 2014. On ne peut à la fois être juge et partie. Ce comportement des uns et des autres fait soulever de graves discussions. Mais à la lumière des faits, certaines d’entre elles sont sans fondement, tandis que d’autres paraissent plus ou moins logiques. 

L’intégrité et l’honnêteté inspirent toujours confiance

Tout commentateur, animateur de radio ou analyste de l’industrie musicale haïtienne (la HMI), qui reçoit une gratification, sous une forme quelconque,  d’un groupe musical ne peut être impartial dans son jugement.  Il est automatiquement mis sous tutelle. Conflit d’intérêt ! Car celui qui donne, ordonne, et celui qui reçoit s’assoit gentiment pour écouter les dictats de son maître. D’ailleurs,  la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. En plus de tout cela, les critères de jugement ou d’évaluation qu’il évoque se basent sur un seul événement, ou bien sur le nombre de gens qui ont participé aux spectacles animés par le groupe musical concerné. 

Puisqu’on parle de l’année 2014, on doit prendre en compte plusieurs paramètres déterminants, tels que le nombre de disques vendus pendant l’année, la structure musicale des œuvres des contestants, le respect des règles musicales, la qualité sonore des disques. Dans la musique compas direct d’aujourd’hui, les ponctuations musicales ne sont pas respectées. Auteur de l’article : Robert Noël. Pour parler de conteste, pour décerner le titre de « meilleur groupe de l’année »,  il faut considérer  l’agencement et l’ordre séquentiel de mise en place des cellules musicales. Il faut analyser les compositions musicales et leurs composantes: rythme, mélodie, harmonie, paroles et les messages que véhiculent ces orchestres.  En tout, il faut chercher l’essence musicale dans la forme et le fond. La fanfaronnade « fè dyolè » caractérise tous les groupes musicaux de la HMI.

Chacun se dit numéro 1, et en sus, nombre d’animateurs beurrés des groupes proclament telle ou telle formation musicale « groupe de l’année 2014 », simplement pour défendre leurs intérêts personnels. Ces décideurs de la HMI reposent leur classification seulement sur les soirées dansantes que les groupes ont animées et  l’événement du vendredi 29 août qui s’était déroulé au club Amazura à New York.  Ils s’intéressent surtout au nombre de gens que ces formations musicales attirent aux bals. Aucun d’entre eux n’a fait une analyse structurelle des compositions présentées sur les CDs qu’elles ont produites. Que de groupes en herbe produisent d’excellents CDs, mais ces directeurs d’opinion ne parlent pas d’eux.

Il y a même des gens que les formations musicales gratifient de billets d’avion, couvrent leurs frais d’hébergement et de repas quotidien quand ils voyagent avec le groupe qui les tend la main. Parmi eux, on compte aussi des animateurs caméléons –agranman, qui changent non seulement de couleur, mais aussi de camp quand la situation de l’orchestre qu’ils supportent se dégrade ou bien après une altercation avec celui-ci.

La HMI est un univers très pollué, où se défilent des corrompus de tout espèce et de tout acabit. Dans cette affaire de titre de « meilleur groupe de l’année », il y a tout un tohu-bohu qui prend forme. Et cela fait des mécontents tout aussi bien des heureux.

Dans la plupart des cas, les membres du jury qui décident du statut de meilleur groupe biaisent. Parmi eux, on ne trouve jamais quelqu’un ayant une vraie formation musicale académique. L’on se demande sur quoi se base leur raisonnement puisqu’il n’existe aucune donnée scientifique capable de prouver le nombre de participants ou d’indiquer la quantité de CDs vendus. Tous les orchestres à tendance compas direct exagèrent  la quantité de CDs vendus et le nombre de participants à leurs soirées dansantes. Actuellement, les groupes musicaux affichent des chiffres fabuleux sur les réseaux sociaux. Ils parlent de 4 000 à 5000 participants à leurs soirées quand la capacité du club ne dépasse pas 600.

Dans un tel état d’esprit, l’on se demande si les membres du jury et les organisateurs de concours savent de quoi il en ressort pour qualifier un orchestre « meilleur groupe de l’année ». Considèrent-ils les textes des chansons et les messages liés à la parole?  Un texte est l’expression visuelle d’un langage. Dans  ce champ d’idées, on fait référence à la linguistique qui a donné lieu à la sémiologie musicale.

Et pourquoi tout ce vacarme / ce bruit troublant – e pou ki tout eskonbrit sa a?

Quand on n’accepte aucune gratification ou faveur d’un quelconque groupe, on jouit pleinement d’une grande liberté d’expression. Aucun musicien ou groupe ne peut nous corrompre.  Pa Sen Pyè, pa Sen Paul, dites-moi la vérité. Il faut que la vérité soit dite même si elle blesse certains maestros, musiciens, managers de groupes et des promoteurs. Certains d’entre eux nous fuient quand ils nous voient au bal, simplement pour avoir dit la vérité concernant les bavures ou l’échec de leur groupe.

Certains maestros et membres de groupes musicaux se fâchent quand on critique leur groupe. Et dans un tel cas ils font croire qu’on essaie de les saboter ou bien déclarent que « na p kraze djaz la ». Cela est encore pire si on attribue le titre de « meilleur groupe de l’année 2014 » à un orchestre différent de celui dont ils sont membres. Les musiciens haïtiens du circuit compas direct n’ont jamais tort, et cela même quand ils sont conscients de leurs erreurs ou de leurs bêtises.  D’ailleurs, ils ne s’autocritiquent jamais pour essayer de toucher du doigt ce qui leur cause un malaise.

Quelques uns sont physiquement très agressifs, oubliant que la montagne qui les abrite n’est pas la plus haute. Finalement, ils s’en rendent compte aujourd’hui. Toutes ces attitudes de soi-disant belligérants contribuent non seulement au détriment et à la dégringolade rapide des groupes musicaux mais aussi de la HMI. Combien de ces groupes musicaux prétendus phares ont participé au moins à un concours international pour représenter Haïti à l’étranger, comme cela se faisait autrefois ? Certains font salle comble aux soirées dansantes, mais sont piètres dans un format de festival. Ce sont des moments que nous avons tous vécus en plusieurs occasions.

Existe-t-il vraiment un groupe musical numéro 1?

Aujourd’hui, on parle beaucoup plus des groupes tels que Klass, Nu Look, Djakout # 1, Zenglen, Disip, Carimi, Kreyol La, T-Vice, Harmonik, Gabel et 5 Etwal.  On note une certaine fluctuation qu’on ne pouvait définir à priori. Certains d’entre eux ont gravi les barreaux de l’échelle de la compétition. Pourtant, d’autres ont grimpé le mât de cocagne (maswife) à reculons, en dépit du fait qu’ils offrent une musique attrayante,  en accord aux exigences de l’heure. Peut-on vraiment déterminer un numéro 1 de la HMI sans considérer le groupe qui applique mieux les concepts musicaux, eu égard aux différentes composantes d’une composition musicale. La musique étant un langage, elle a ses syntaxes, donc sa grammaire universelle, que les musiciens doivent respecter.

Les fans et les musiciens de Djakout #1 s’autoproclament aussi numéro un-number one. Le chiffre 1 que ce groupe a ajouté à son nom ne traduit pas vraiment sa position au classement dans la compétition. Le « number one » est un héritage du Skah-Shah.  Le groupe Djakout #1 l’utilise suite à son contentieux avec les membres du Djakout Mizik. Aujourd’hui, il existe deux groupes qui partagent le même nom Djakout: le Djakout  #1 de Roro , Shabba, Pouchon Duverger, Mamane, Ti Regi, Ti Pouch, et le Djakout Mizik. Il s’agit simplement d’un changement de nom pour légaliser leur existence. Le System Band a, pour les mêmes raisons, ajouté le suffixe 1.

Ce serait une méprise de ne pas reconnaitre l’effort et le grand rebondissement de Djakout # 1. Son album « Lòd nan Dezòd » et l’acquisition du nouveau chanteur, Steeve Khe, redorent le blason de cette formation musicale qui croupissait dans un cul-de sac pendant quatre ans. Aujourd’hui, le Djakout #1 se trouve parmi les trois plus populaires groupes de la HMI.  Et il faut faire bien attention, cet orchestre est prêt à mettre hors-jeu les attaquants qui jouent mal leur position / leur partition. Les musiciens de Djakout #1  utilisent la défense en ligne. Les co-équipiers de cette formation peuvent même scorer de la main, sans que l’arbitre s’en aperçoive: la mano de Djakout #1. Ils sont très déterminés et font tout ce qui est en leur pouvoir pour accéder au sommet de l’échelle de la compétition. 

Entre Klass et Nu Look la balance oscille

D’après nombre d’observateurs, Klass et Nu Look dominent la scène musicale actuelle du compas direct. Si l’on se réfère au passé, on verra que Nu Look devance Klass de quelques années et son répertoire musical dépasse celui de ce dernier. Il a connu des jours de gloire tout aussi bien une longue période de déclin. Cependant, dans les jours sombres, Arly Larivière n’avait jamais lâché prise. En 2013, Nu Look était au beau milieu de la mer agitée. Les marins qui observaient de loin faisaient la sourde oreille, ignorant le signal de Nu Look pour ne pas venir à son secours.

Les groupes en bonne position l’évitaient au lieu de l’inviter à jouer en double affiche. On peut dire que Nu Look était dans un état comateux, mais une condition réversible. Avec la sortie de son nouvel album titré « I Got this », cette formation musicale a repris force et vigueur. Ce nouveau CD est comme une forme d’hypothermie thérapeutique qui a réanimé Nu Look.  Nu Look a lutté du bec et des ongles pour remonter la pente. On ne peut dévaloriser l’intelligence d’Arly et ses confrères musiciens. On dirait que le maestro  maîtrise la psychologie des masses. Il sait que le public est toujours à la recherche de nouveauté.

Il était prêt pour toutes éventualités et voulait faire un coup de maître, mais pas quand Nu Look joue seul. Il rêvait de partager la scène avec un groupe comme Klass. Nu Look avait tout seul animé de multiples soirées avant l’événement d’Amazura, il n’avait pas fait tant de bruit. Il a fallu sa prestation face- à- face avec Klass à Amazura pour qu’il brouille les cartes et étende ses tentacules au-delà des frontières.

Contrairement à l’opinion publique, cette prestation n’a fait que propulser Nu Look et lui garantir une meilleure position par rapport à celle qu’il a connue avant le vendredi 29 août dernier.  Personne ne peut nier l’effort de Nu Look pour se replacer là où il est aujourd’hui. L’on doit se poser une question, peut-il reprendre le slogan de Richie aujourd’hui pour dire à Klass : kote w ye a, se la m te ye, kote m ye a se la w vle ye ? 

Quand on compare le nombre d’années d’existence de Klass et de Nu Look, on peut certifier que celui-ci est l’aîné. On dit que Klass est un jeune groupe, se référant à son âge chronologique. Cependant, la somme d’expérience des musiciens de Klass compense ce déficit faisant de lui le cadet de Nu Look. Klass a eu de grandes difficultés à ses débuts. Richie venait à peine de laisser Zenglen, il fallait qu’il prouve encore son talent et montre sa capacité de superstar /  hit maker. Pour faire vibrer le nom Klass, il avait décidé de mettre une chanson-démo « bagay nèf » qui n’avait pas eu le salut du public. Ces musiciens ne peuvent penser autrement. Et s’ils se croient capables de prouver le contraire, ils souffrent d’amnésie.

Le groupe demeurait sédentaire et ne pouvait bouger pour concrétiser son rêve, une situation imputable au statut de ses anciens chanteurs. Klass a eu le temps d’essayer trois chanteurs : Alex Lavaud, Hollywood et Kleemay. Malgré la bonne volonté et la détermination collective de Richie, d’El Pozo et de Nixon Mésidor,  le groupe ne pouvait atteindre sa vitesse de croisière comme l’espéraient ces musiciens. Cette situation a rappelé celle de Nu Look après le départ de Pipo, Klass ayant eu aussi une ou deux soirées de curiosité lors. Les gens supportaient le groupe, mais les commentaires les plus écoutés et les plus lus laissaient croire que Klass serait frappé de mortalité infantile, un enfant mort-né. Richie ne se laissait pas décourager malgré les rumeurs pessimistes. Il scrutait l’horizon cherchant un moyen pour sortir de ce labyrinthe. 

Le malheur des uns fait vraiment le bonheur des autres, puisque le départ de Pipo de Nu Look allait avantager Klass. Dès l’intégration du nouveau chanteur au sein de Klass, on remarquait un grand changement chez Richie, même quand on lui parlait. Pipo a joué le rôle de bon samaritain. Avec lui, Richie a donc eu moins de problème puisqu’il a reçu Pipo « fèt e founi-FEF ». Il n’avait pas à mouler son nouveau chanteur. Pipo vin n ak tout founiti klasik li nan Klass.  En fait, Pipo a été une bonne acquisition pour Klass. Cela allait être prouvé avec l’album « Fè l vini avan », son premier disque et qui ne sera peut-être pas le dernier.

Depuis la sortie de cet opus, Klass fait la pluie et le beau temps. Un fait qui a démenti les déclarations et rumeurs pessimistes laissant croire encore que les soirées qu’il anime sont purement motivées par la curiosité des gens qui y participent. D’habitude, le succès des orchestres haïtiens du circuit compas direct d’aujourd’hui ne dure qu’un an. Klass est allé au-delà de cet intervalle de temps.

Un fait reste à souligner. C’est seulement dans l’industrie musicale haïtienne qu’un orchestre n’arrive pas à décrocher le titre de « meilleur groupe de l’année » pendant deux ou trois années consécutives, même si la formation musicale réunit toutes les conditions. Il y a toujours une alternance, un pattern de fonctionnement.
Si le titre de « groupe de l’année » à été décerné à Klass une année, l’année suivante on l’attribue à Nu Look. L’inverse est aussi vrai. Ce fait ne se remarque pas seulement dans la diaspora mais également en Haïti.

En cette année 2014, on a assisté à bien de défections dans ce milieu: animateurs et représentants de groupes musicaux. Ces évadés deviennent de pires ennemis des orchestres et les critiquent amèrement sans raison ni cause. Et s’ils font partie d’un panel de juristes qui décide de l’attribution du titre de « meilleur  groupe de l’année », l’orchestre avec lequel ils ont eu un contentieux n’aura aucune chance  de réussite. Ils appliquent la loi du talion sans réserve: œil pour œil, dent pour dent. Ce qui ne devrait pas se faire.

Sans vouloir influencer les décideurs de la HMI, il serait plus sage de parler plutôt de groupe le plus populaire de l’année 2014. Un orchestre peut jouir d’une grande popularité, sans être pour autant le meilleur de l’année. Il existe des orchestres qui animent bien les soirées et ne peuvent vraiment tirer leur épingle du jeu aux festivals. Tous les énoncés et toutes les considérations tiennent pour déterminer aussi le meilleur album de l’année.  Espérant une bonne et heureuse année 2015, nous souhaitons voir un changement considérable au sein de la HMI et l’émergence de nouveaux groupes musicaux ayant du punch. Il y aura certainement des déplacements au classement de la compétition musicale.
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