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Levoy Exil, une vie au service de la peinture

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image Levoy Exil

Le peintre Levoy Exil a commémoré le vendredi 15 décembre 2017, à l’hôtel le Plaza, ses 45 ans de carrière. Sa famille, ses amis et quelques animateurs culturels ont passé en revue les nombreuses années de sa vie consacrées à la peinture haïtienne.

Dans une posture de biographe, Emmanuel El Saieh a dressé le portrait de Levoy Exil qu’il a présenté comme un patrimoine, le dernier du mouvement Saint-Soleil. Il confie avoir côtoyé l’artiste grâce à son père, le célèbre musicien Issa El Saieh. Ce dernier, après avoir contribué à la carrière d’un ensemble de musiciens, dont Guy Durosier et Nemours Jean-Baptiste, avait décidé d’accompagner Levoy Exil, à travers le mouvement Saint-Soleil. Cette amitié partagée avec Levoy Exil, Emmanuel El Saieh l’a présenté comme un héritage.

« Levoy est une personne de valeur. Il est resté, toute sa vie, attaché à sa culture. Si ce pays savait honorer les valeurs, cette salle serait pleine à craquer », a-t-il souligné, relatant au passage que Levoy a déjà représenté Haïti dans plus de 50 pays à travers le monde, notamment en Israël où il a passé trois mois.

Né en décembre 1944 à Soisson-la-Montagne, à Pétion-Ville, Levoy Exil est le dernier mentor du mouvement Saint-Soleil, un mouvement qui regroupait des peintres vaudou des années 70. Parallèlement à Saint-Soleil, Levoy Exil a fondé les Cinq Soleils (Louisiane Saint-Fleurant, Denis Smith, Paul Dieuseul, Levoy Exil, Prospère Pierre-Louis) en vue de mettre en exergue la beauté de la peinture haïtienne. Il a remporté, entre autres distinctions, le prestigieux prix  «Médaille du Millénium» en 2000 lors du Salon d’art plastique de La Rochelle, en France.

Gérald Dorvélus, président du comité organisateur de cette commémoration, a fustigé le comportement des autorités étatiques qui, dit-il, ne font qu’observer la décadence de la culture haïtienne. « Quand Levoy Exil faisait ses débuts, il y avait entre 30 et 40 galeries d’art, aujourd’hui, elles se réduisent à dix », a-t-il fait savoir. 

Animateur culturel et planificateur d'événements, Gérald Dorvélus espère que la peinture haïtienne pourra retrouver, dans un avenir proche, ses lettres de noblesse à l’échelle nationale et internationale.

« De nos jours, Haïti ne peut pas participer aux ventes aux enchères organisées à l’extérieur. En raison de communautarisme, le talent est relégué au second plan dans le monde artistique », se désole Gérald Dorvélus avant d’inviter la population à l’exposition des œuvres de Leroy Exil.

Au moment fatidique de ce moment solennel, Leroy Exil a pris la parole pour retracer son parcours. Celui d’un artiste célèbre, dit-il, que rien ne prédestinait à une carrière en peinture, étant né d’un père cultivateur et d’une mère commerçante. Il se rappelle, à des détails près, ses débuts aux côtés de Jean-Claude Garoute, qui lui a appris à peindre avec du liquide extrait des plantes (ji vejetab). Son premier tableau réalisé à une période où la peinture était quasiinaccessible, lui a valu la page de couverture du livre d’André Malraux, L'intemporel - la Métamorphose des Dieux, édité chez Gallimard en 1976.

L’un des meilleurs moments de sa carrière, a-t-il tenu à préciser, est d’avoir été reçu à Nancy puis à Paris dans les galeries nationales du Grand Palais à l’occasion de l’exposition « Art Naïf, Art Vaudou » donnée en 1988. Là-bas, il a connu un moment de « gloire » comme il en a connu rarement dans sa terre natale.

Cette journée a pris fin par un plaidoyer conjointe des organisateurs et des invités pour une valorisation de la culture, et la peinture en particulier. Ils invitent le ministère de la Culture à prendre les mesures qui s’imposent pour honorer les artistes qui ont du talent et de la longévité à l’instar de Levoy Exil. « L’importance accordée à la culture est tributaire de celle qu’on accorde au pays », a conclu Emmanuel El Saieh, qui s’appuie sur un dicton bien connu dans le milieu de l’art : « Le sang qui coule dans les veines d’un pays se reflète à travers son art. »

Claudy Junior Pierre source le nouvelliste



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