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Une nouvelle option pour remédier au problème de production musicale compas direct : Un impératif de l’heure

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Tout ce qu’on entreprend dans la vie est risquant. Cependant,  il faut savoir comment minimiser les risques afin d’éviter le pire. Dans le commerce, le profit constitue la récompense du risque. Le commerce est directement lié à l’activité de production, où la théorie de l’offre et de la demande sert de boussole capable d’orienter la production.  

Le nouveau moyen de consommation de la musique et le consommateur haïtien 

Actuellement, le marché du disque haïtien subit les rigueurs du temps où la technologie vient changer le mode de consommation de la musique à travers le monde. Le numérique prend le dessus, forçant la disparition graduelle des supports CD. Le marché musical haïtien est le plus affecté.  Cette innovation a entraîné le retrait des disquaires de ce marché, puisque le téléchargement devient la norme du moment. Donc, c’est ce qui provoque une baisse sans précédent de la vente des disques. L’on se demande combien d’Haïtiens s’intéressent vraiment à cette nouvelle forme de consommation de la musique.  Et on ne peut même pas parler de consommateurs étrangers du compas direct, puisque d’hier à aujourd’hui rien n’a changé (J.R. Noël). Le compas direct reste et demeure cette musique communautaire qu’on a connue depuis plus de soixante ans.    

Face à une telle situation,  les groupes musicaux  doivent trouver une alternative de survie. Car c’est à partir des disques qu’ils produisent qu’ils bâtissent leur popularité,  les aidant ainsi à trouver des contrats de bals en fin de semaine, et ce qui constitue leur seule source de revenu. Ce qui rend la compétition plus difficile est le fait que tous les groupes musicaux adoptent le même style, donc offrant le même produit. On a l’impression que ce sont les mêmes instrumentistes qui, au studio d’enregistrement, accompagnent des chanteurs de noms différents appartenant à d’autres groupes, mais qui utilisent une tessiture vocale similaire. Une diversité des couleurs tonales aurait permis une plus grande concurrence et ainsi rendu  la compétition plus  intéressante. 

Aujourd’hui, les groupes musicaux se trouvent dans l’impérieuse nécessité de recourir à de nouvelles formes de productions musicales pour les aider  à survivre le mauvais temps qui peut s’abattre sur ce marché musical au moindre cillement des paupières.  On est témoin du grand gaspillage de quelques œuvres musicales dans l’industrie compas direct. Personne n’ignore que la formation Zenglen a récemment produit deux excellents disques qui sont passés en fumée. Il s’agit bien de « Rezilta» et de « Rezilta pi rèd ». Le pire, c’est que  le groupe Zenglen ne joue pas le contenu de son plus récent album aux bals, ce à quoi le public s’attend toujours. Un tel menu  lui aurait servi de promotion. Erreur grave de l’ensemble! Pourtant, Brutus a annoncé que le groupe Zenglen prépare un nouvel album dont la sortie est prévue pour novembre 2017. 

On parle d’un autre album de Zenglen, mais pas d’une chanson. Brutus confond vitesse et précipitation. « Li gen yon  mache prese », peut être même « yon sen pouse ». Il court vers quoi, après quoi, ou encore après qui. Si Zenglen emprunte cette voie, pour produire un album maintenant, en 2017,  il va certainement sombrer dans le désert (J.R.Noël). Twò prese pa fè jou louvri.  L’offre surpasse la demande en ce moment, ce qui cause la saturation du marché. Aujourd’hui, les chansons se vendent à l’unité sur iTunes à 0.99$. C’est une forme de vente en consignation que boudent  les consommateurs  haïtiens. 

Le temps des disques 45 tours est révolu

Il  n’y a pas que la  formation musicale Zenglen qui peut servir à étayer  notre observation.  Il faut prendre en compte un autre paramètre qui joue contre les groupes musicaux. Il s’agit du nombre de chansons qu’ils enregistrent sur leur disque. L’on se demande pourquoi  ils offrent 11 chansons sur leur CD, quand,  au fait, l’expérience a prouvé qu’il n’y a toujours que deux pièces qui bénéficient de la bénédiction du public haitien, et que les animateurs tournent en boucle sur les ondes des stations de radio,  tant en Haïti qu’à l’étranger. C’est une erreur que commettent toutes les formations musicales haïtiennes, qu’elles soient connues, méconnues ou inconnues du public. Un tel mode de fonctionnement confirme la perte de temps en studio pour produire 11 chansons et le coût de production du disque. 

Il serait avantageux que les groupes produisent trois chansons par  trimestre, soit un total de 12 chansons par année, ce qui garderait le marché musical en vie. Cette nouvelle option réduirait la marge de manœuvre des contre-façonneurs  /  bootleggers.  Prenons, par exemple, le nouveau CD de Klass qui le tient encore fort au classement. On remarque que la chanson « M ap marye »  jouit encore de la même popularité en Haïti et dans les pays à forte ou même à faible concentration d’Haïtiens. L’on se demande pour combien de temps cette pièce va rayonner avec la même intensité.  Klass ne pourra pas récidiver son exploit, comme il l’avait fait avec son premier CD. Il avait, pendant trois ans, dominé la scène HMI sans produire un autre album.  Les paramètres ont déjà changé, et les imprévus, comme les phénomènes  naturels,  peuvent grandement affecter la marche de l’industrie. 

Aujourd’hui, la chanson « Lajan sere » de Klass assure l’alternance avec « M ap marye » sur les ondes. C’est un bon signe de « promotion au compte-goutte ». Ce dernier disque « Fè l ak tout kè w » de Klass pourra encore tenir quelques mois, si les responsables de ce groupe acceptent d’assurer la promotion et le marketing des autres chansons  moins connues, qu’on peut encore considérer nouvelles. Pour mieux évaluer un disque ou toute autre œuvre artistique, il faut qu’on établisse une base de comparaison à partir d’un précédent.  En musique, il y a ce qu’on appelle anticipation (J.R.Noël). Ce terme trouve aussi son application dans la conduite de l’étude du marché.  Il n’y a pas que ces deux tubes sur l’album de Klass. Il ne s’agit pas d’un disque 45 tours, dont le temps est révolu.  Il n’est qu’une question de stratégie pour survivre le mauvais temps qui s’annonce. 

Le nouveau disque de Nu Look  connaît une  baisse en popularité. Il n’y a que deux chansons de son dernier disque qui sont en constante  rotation sur les plateaux des animateurs - disc-jockeys. Cependant,  sa chanson « Until when » fait encore battre les cœurs au même  rythme. Certainement,  Nu Look  aura besoin d’une nouvelle composition, mais en  mars 2018, s’il n’assure pas  la promotion des autres chansons qui figurent sur son dernier disque. Les groupes Djakout #1 et Kreyol La doivent être aussi très prudents s’ils comptent produire un nouvel album. La formation Disip est obligée d’assurer la promotion de deux autres chansons de son dernier album. Les compositions « Heartbreak & Misery » et « San Manti » de Disip sont déjà épuisées. Il faut que les musiciens se rappellent que la vente des disques a considérablement chuté, et que le ciel paraît très nuageux.  On prévoit que la situation va être difficile, en 2018,  pour certains groupes évoluant sur la scène HMI, qui n’est plus celle qu’on a connue il y a deux ou trois ans. Le problème des groupes musicaux va au-delà même de la promotion et du marketing, deux entités indispensables à la survie d’une œuvre musicale. 

Certains animateurs de radio constituent aussi un handicap à l’émancipation du genre musical compas direct. On ne peut rien espérer de mieux quand ce sont des individus sans connaissance dans le domaine de la radiodiffusion et de la musique qui deviennent des animateurs de radio, donc des directeurs d’opinion. Ka nou grav. Un  animateur, dont la plante ne produit aucun fruit, définit le rôle de l’animateur comme un vendeur, simplement parce qu’il dit qu’il a commencé sa carrière à titre d’animateur -vendeur d’automobiles et de biens immobiliers à la radio. Pourtant, on parlait de musique et des problèmes de l’industrie. « Kòm animatè, li t ap vann machin ak kay nan radyo. Devan pòt tounen dèyè kay.  A la traka pou lave kay tè ». À chacun son métier, les bœufs seront bien gardés, comme dit le proverbe.

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