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Caravane du changement: Gabriel Fortuné exprime certains désaccords

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Après avoir été dans l’Artibonite, la Caravane du changement se trouve depuis treize jours dans le grand Sud où il sera question de construire des maisons et des routes, curer des canaux, mettre en terre des milliers de plantules entre autres. Pour le maire de la ville des Cayes, où le lancement de la deuxième phase de la Caravane a eu lieu le 1er juillet, le chef de l’État, qui avait fait campagne autour du changement, est en train de matérialiser ses idées. Sa compréhension de l’initiative est en ce sens « positive». Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il n’a pas de réserves. 

Il peut y avoir des points de vue divergents, des désaccords au niveau de la planification, de l’intégration et de l’identification des acteurs, a estimé Jean Gabriel Fortuné jeudi. Sans vouloir jeter la pierre au président Jovenel Moïse avec qui il avait fait campagne, Jean Gabriel Fortuné déplore le manque d’implication des mairies dans le cadre de ce programme. « Les mairies auraient dû être des acteurs de premier plan. Ils auraient dû participer dans les discussions en vue de la planification du programme avec le pouvoir central », selon Jean Gabriel Fortuné. 

Il regrette que le pouvoir central n’ait pas pensé d’abord à « identifier les acteurs clés et  définir ensuite leur niveau d’intégration et de participation dans la Caravane». Jean Gabriel Fortuné, qui pense qu’on peut encore apporter des corrections, présente ses pairs comme des « stratèges» qui peuvent contribuer à la réussite du programme. « On peut avoir beaucoup d’argent sans pour autant arriver à faire atterrir le programme», rechigne-t-il.  

« Si, dans l'Artibonite, l'Organisme du développement de la vallée de l'Artibonite (ODVA) a été la structure d'exécution de la Caravane, dans le Sud, ce sont les directeurs départementaux de chaque secteur qui prendront en charge les actions définies», selon une note du bureau de communication de la présidence suite à une rencontre le 3 juillet dernier entre la Cellule de coordination de la Caravane du changement et les directions sectorielles du Sud dans le but de les informer de l'opération de la Caravane, « Coup de poing». 

Allié de Jovenel Moïse lors de la campagne électorale, Jean Gabriel Fortuné ne veut pas « être le premier à critiquer le chef de l’État», mais, en même temps, souligne le maire, il veut être «honnête». Il dénonce un manque « d’harmonie, d’articulation et d’équilibre entre l’État et les collectivités». Mais, tente-t-il de nuancer, ce problème n’est pas lié au président Jovenel Moïse. « C’est un problème de l’État et les pouvoirs locaux comme concepts, comme cadres stratégiques opérationnels», a-t-il avancé comme explication avant de saluer le président de la République qui, selon lui, a plein de bonnes idées dans la tête mais bloqué malheureusement à cause du mode de fonctionnement de l’État.  

Jean Gabriel Fortuné met donc en cause le mode d’organisation de l’État. « Certains pouvoirs octroyés aux collectivités territoriales par la loi sont ignorés ou sont réduits par les autres pouvoirs. La Primature ne joue pas suffisamment son rôle en vue d’assurer cette harmonisation entre l’État central et les collectivités territoriales», cite-t-il à titre d’exemple. L’ancien sénateur compare le pays à un véhicule en panne de moteur. « Quel que soit le chauffeur auquel on fait appel, peu importe son niveau d’expérience, on n’aura jamais de résultats», philosophe-t-il. 

Jean Gabriel Fortuné appelle à une redéfinition du rapport entre les maires et les parlementaires qui centralisent tout. « Les parlementaires se prennent pour des rois, des présidents, des gestionnaires et tout. Puisque ce sont eux qui ont la capacité de bloquer, c’est avec eux que se font les deals au détriment des collectivités territoriales et du pays, dans l’État traditionnel», a-t-il dit précisant que les maires sont en principe les véritables gestionnaires. 

3,5 milliards de gourdes seront nécessaires pour réaliser les travaux dans le cadre de la Caravane du changement dans le grand Sud. Une annonce qui avait suscité beaucoup d’appréhension compte tenu du fait que les autorités avaient prévu 197 millions de gourdes pour les travaux dans la vallée de l’Artibonite. «Ce sont des appréhensions légitimes», estime Jean Gabriel Fortuné, qui veut toutefois rassurer la population sur la bonne gestion de ces fonds. « Les procédures de décaissement dans la transparence sont là», a-t-il dit. 

Danio Darius source Le Nouvelliste



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