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Corruption: La société civile veut des actions…

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Un appel. Un tournant. Dans un sens comme dans l’autre, tout dépendra de la réaction populaire à l’appel à manifester contre la corruption. Entre-temps, ulcéré, le diagnostic est fait : tout un système a été édifié pour protéger les gangsters et couvrir leurs méfaits. Pourtant, c’est un système qu’il faudra démonter.

En plein remous autour du rapport d’enquête de la commission sénatoriale sur l’utilisation des fonds PetroCaribe et de manifestations à travers le pays, des organisations de la société haïtienne, des structures politiques ont mis le pied à l’étrier en appelant à manifester contre la corruption, à Port-au-Prince, mardi 5 décembre 2017. « Je pense que la société civile veut prendre les politiciens au mot. Par cette marche, qui se réalise dans ce contexte, les acteurs non étatiques veulent pousser les politiques à joindre leurs paroles à leurs actes. Ils saisissent la balle de la corruption au bond », a confié au journal Fritz Dorvilier, docteur en développement-population-environnement, sociologue, démographe, juriste et professeur-chercheur d’université. 

« Mais le dénouement n'est pas évident, tant la corruption est présente dans tous les compartiments de la société », a estimé Fritz Dorvilier. Pour inverser la tendance, l’universitaire estime qu’« il faudrait construire une société d'accès plus ouvert, réviser les procédures administratives, établir des mécanismes de contrôle clairs et surtout renforcer l'appareil judiciaire ». « Sans la réforme de la justice, aucune procédure, si parfaite soit-elle, ne pourra juger et punir les actes de corruption. Se ap lave men siye atè », a insisté Fritz Dorvilier. « Par ailleurs, a-t-il poursuivi, il faut plus d’autonomie et d’indépendance pour les institutions de contrôle et de lutte contre la corruption (ULCC, UCREF, IGF, AGD). Plus particulièrement, le DG de l'ULCC doit être désigné par le Parlement, sur concours, et avoir un mandat de 3 ans ».

« La société peut dire non à la corruption. Mais nos lois sont du côté des gangsters », a balancé le journaliste sénior et chroniquer politique Daly Valet, soulignant que « tout un système a été édifié pour protéger les gangsters et couvrir leurs méfaits ». Pour  Daly Valet, il faut une « remise à plat » « ....Conférence nationale...Dialogue national.... États généraux de la nation...Tout nouveau départ devra nécessairement passer par là. Sinon, Haïti restera une république de bandits intouchables », a-t-il prévenu.

« Qu’il soit politique ou technique, objectif ou subjectif, le rapport de la commission sénatoriale sur l’utilisation des fonds PetroCaribe expose un fait bien réel qui gangrène la gouvernance politique, économique et celle de beaucoup d'entreprises. Les réactions au niveau de la société sont une expression d'un ras-le-bol. La société a soif d'un procès sérieux. La société est fatiguée avec cette république sans sanction », a confié au journal l’économiste Etzer Emile. 

« Peu importe l'avenir de ce rapport, il dévoile quand même aux yeux du monde un pays qui n'est toujours pas prêt à établir l’État de droit et du coup qui n'est pas prêt pour les affaires. Les investissements étrangers se feront toujours rares dans ce contexte d'incertitude et de faiblesse de la justice où la corruption devient un fait social normal. La croissance économique restera rachitique avec la corruption non sanctionnée qui fausse le marché et accélère les inégalités », a souligné Etzer Emile.

Pour une militante de Revey Sitoyen, l’une des organisations de la société civile qui appellent à manifester contre la corruption, il faut faire en sorte d’éviter les  remous entourant le rapport PetroCaribe. « Pour un rapport d'une telle importance et d'une telle portée sur la vie du pays et sur celle de ses citoyens, le Sénat, pour se placer au-dessus de la mêlée, aurait dû faire appel à une firme d'audit indépendante, internationale. Donc les remous, le tollé causé par le rapport auraient pu, à mon avis, être évités, en grande partie. Mais raté.....Il va nous falloir faire avec..... Malheureusement », a-t-elle indiqué, pugnace comme un pitbull. «  Ceci étant dit, tollé ou pas, ce rapport ne pourra, en aucune manière, être mis au rancart, comme semblent le suggérer bien des gens », a poursuivi cette militante pour le moins remontée. « Notre pays a été pillé, violé, éventré par ceux et celles qui avaient la responsabilité de veiller sur lui et sur ses citoyens, en bons pères et en bonnes mères de famille. Les responsables de ce pillage, indécent, criminel, doivent être bien identifiés et des exemples tracés, car l'impunité, au-delà de la corruption, est le plus grand mal qui ronge notre société », a-t-elle indiqué. 

« La réponse et la solution aux grands maux que sont la corruption et l'impunité sont maintenant, en grande partie, aux mains de la société civile qui devra en faire son cheval de bataille, aujourd'hui, demain, et pour les années à venir », a-t-elle indiqué sans se bercer d’illusions. « La bataille sera longue », a-t-elle estimé, soulignant que le pays est et doit être à un tournant. « Aujourd'hui, ce sentiment de dégoût et d'impuissance qui traverse les gens de bien et les gens honnêtes, les millions de nos compatriotes qui ont perdu espoir dans l'avenir de leur pays sont des états de fait contre lesquels la société  se soulève et se révolte. La marche lancée pour ce mardi 5 décembre sera le début d'un processus qui dit NON à la corruption, NON à l'impunité, OUI à la justice, OUI à la santé, OUI à l'éducation », a-t-elle souligné. 

« Je crois qu’il y a beaucoup d’efforts pour noyer le rapport parce qu’il dérange et je me réjouis de la manifestation de demain parce que je crois important de maintenir la question dans l’actualité », a confié une analyste. « Ceci dit, je crois, comme je l’ai déjà dit, qu’il y a une nécessité que le débat actuel sur la corruption et l’utilisation des fonds PetroCaribe se fasse sur la base de données objectives », a-t-elle indiqué.  

La réponse de la population à cet appel à manifester contre la corruption ce 5 décembre peut-être un tournant. Dans un sens comme dans l’autre. En République dominicaine, des manifestations pour la même cause organisées sous le label « Marcha Verde » (Marche verte) ont drainé des foules.

Roberson Alphonse source le nouvelliste



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