Accueil | Nouvelles | Haiti | « La majorité des ONG fonctionnent dans la cacophonie en Haïti », selon Kawas François

« La majorité des ONG fonctionnent dans la cacophonie en Haïti », selon Kawas François

Taille de la police: Decrease font Enlarge font
image Le Père Kawas François, directeur du CERFAS Jean Daniel Sénat

Acteurs sans détour dans le processus de la reconstruction du pays après le cataclysme du 12 janvier 2010, les organisations non gouvernementales absorbent la grande part de l’aide internationale. Le Centre de recherche, de réflexion, de formation et d’action sociale (CERFAS), de concert avec le Cadre de liaison inter-ONG (CLIO), a organisé, jeudi, une conférence sur la perception de la société civile haïtienne sur leur action.

Il s’agissait de dresser un bref bilan objectif de l’action des ONG  dans les zones sinistrées à la suite du séisme du 12 janvier 2010, dans cette conférence à laquelle prenaient part des représentants d’ONG, de la société civile et du monde universitaire, à l’hôtel Le Plaza. Selon le père Kawas François, conférencier et professeur d’université, l’action des ONG réalisée dans la cacophonie  et sans aucune régulation des pouvoirs publics conjugue un vide et s’enracine dans les failles congénitales de l’Etat haïtien.

Au lendemain du séisme du 12 janvier –qui a mis à nu la dépendance de l’Etat, selon le professeur  Kawas François–, le pays a accueilli le plus grand nombre d’organismes internationaux de toute son histoire. L’Etat haïtien,  tant comme dépositaire de la puissance publique que comme instance appelée à fournir  des services aux citoyens, est classé comme « Etat failli ». Selon le directeur du CERFAS, ces failles de l’Etat ont empiré et  se sont manifestées au grand jour. « Face à une catastrophe naturelle aussi grande (celle du 12 janvier), au cours de laquelle les propres structures centrales de l’Etat étaient en grande partie détruites, les autorités haïtiennes ont été incapables de donner une réponse efficace et adaptée au drame de leur peuple », se rappelle-t-il.

Si la profonde facture sociale sur laquelle repose  traditionnellement l’Etat est défaillante, les ONG sont loin de pouvoir résoudre les problèmes fondamentaux du pays. Selon le professeur d’université, elles risquent d’en ajouter aux grands maux d’Haïti. « La concentration de la plus grande partie des ONG dans la capitale a enclenché un vaste mouvement migratoire du pays en dehors vers la république de Port-au-Prince, venant empirer ainsi les problèmes sociaux criants qui paralysaient déjà la vie dans la capitale et sous les yeux impuissants des responsables politiques »,a indique le père jésuite, déplorant que ces organisations interviennent dans le pays sans plan directeur de développement et ne requièrent aucunement la participation des acteurs locaux. 

Pour sa part,  Raymond Prospéry, représentant du CLIO, rappelle que la loi de 1989 régule l’action des organisations non gouvernementales en Haïti. « Toutes les ONG qui font partie du CLIO agissent sur le terrain en fonction de cette loi », se félicite-t-il, indiquant qu’un processus de révision de cette loi afin d’en avoir une nouvelle est en train d’être effectuée, sous le leadership du ministère de la Planification et de la Coopération externe.

Plus loin, Kawas François croit que les Etats occidentaux et les organismes ont préféré leurs agences pour faire passer l’aide publique au développement, aux structures archaïques et défaillantes de l’Etat. « Les grandes décisions relatives à la reconstruction ont été et sont en train d’être prises par les gouvernements occidentaux et les agences internationales dans le mépris total des décideurs nationaux, et bien souvent dans l’intérêt des pays dits donateurs », déplore-t-il, ajoutant que les grands défis de la société haïtienne restent entiers. Toutefois, il dit avoir beaucoup de respect pour certaines organisations dont les apports sont très importants pour le renforcement de la société civile haïtienne.

Les ONG ont leur rôle dans la reconstruction du pays, dans l’établissement d’un Etat de droit et d’une société civile responsable et solidaire en Haïti. Pour ce faire, Kawas François propose que l’Etat impose des orientations à ces acteurs externes.

Jean Daniel Senat Source: Le Nouvelliste



Audionow:
Etats Unis: 641.552.5200 T-Mobile/MetroPCS: 360.398.4333 Canada: 438.795.4395 514.900.6012 Bresil 021 40 42 11 31 France: 01.90.14.14.75 Republique Dominicaine 849.936.7140 Mexique 08.99.27.46.700
Studio: 718) 355-9853 / (718) 303-2551 / (509) 2813-9450 / (509) 2813-9452 / (509) 2813-9456 Adresse: 45, Rue Chavannes Port au Prince, Haiti
Email: radiocaraibesfm<at>yahoo.fr
Tél: (509)4300-4300 / 3701-4300
WhatsApp: (509) 3701-4300

-->
Notes
Pas de note pour cet article
Estimez cet article
0