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Pillage et gaspillage à l’ONA

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Le Bureau exécutif national de la confédération des travailleurs-euses des secteurs public et privé (CTSP), dans une correspondance en date du 8 janvier, demande une  « intervention urgente » du Premier ministre Jack Guy Lafontant «  face au pillage systématique des fonds et la gestion catastrophique de l’Office national d’assurance Vieillesse (ONA) »... « La masse salariale de l’ONA correspond à environ 60% de son budget et les dépenses d’investissement à plus de 20%. Cela veut dire qu’environ 80% du budget est affecté à d’autres dépenses que celles de sa mission principale qui consiste au paiement des pensions de retraite », lit-on dans cette correspondance.

« Plusieurs exemples peuvent être cités pour illustrer ce grand déséquilibre dans l’utilisation du budget : le cabinet de l’actuel directeur général de l’ONA compte plus de soixante-dix membres et les lettres de nomination se distribuent comme de petits pains aux membres et sympathisants d’un parti politique. La direction des ressources humaines de l’ONA compte dix-sept directeurs adjoints. La Direction administrative dispose de huit directeurs adjoints. L’ONA-Fanm (structure illégale qui n’est prévue ni par la loi ni par les règlements intérieurs) a onze directeurs adjoints. La Coordination des réseaux compte six directeurs et huit directeurs adjoints. Une brigade nouvellement créée qui compte six assistant-directeurs. La Direction des affaires juridiques a quatre directeurs adjoints. ONA-PAM (structure illégale) compte six directeurs adjoints », selon cette correspondance.

« Pour cinq mille retraités, l’ONA dispose de quatre mille employés, soit un ratio d’un employé par retraité. L’Office dispose de dix-sept coordonnateurs généraux. La Direction de la sécurité sociale compte sept directeurs adjoints. La masse salariale et les frais de fonctionnement de certains bureaux dépassent largement la rentrée de fonds de ces bureaux. Le salaire d’un membre du cabinet du directeur général est équivalent au salaire de dix-neuf  ouvriers du secteur textile et de trente-trois travailleurs et travailleuses domestiques. Avec le salaire minimum journalier de 350 gourdes et le taux de cotisation de 6% de l’ouvrier(e) du textile, il vous faut la cotisation de 317 ouvrier(e)s pour pouvoir payer un membre du cabinet du directeur général ou la cotisation de 556 travailleurs-euses domestiques à raison de 200 gourdes par jour pour payer un conseiller dudit directeur. Donc, en additionnant la quote-part de l’employeur et celle du travailleur (6%+6%), il vous faut 278 travailleurs-euses domestiques ou 158 ouvriers pour un membre de cabinet ou conseiller », selon cette correspondance.

« En moins de deux ans, le nombre de salariés de l’ONA a connu une hausse à la fois géométrique et exponentielle (beaucoup d’entre eux sont des emplois fictifs) pendant que la croissance économique du pays est quasi-nulle et que les emplois restent figés. Malheureusement, nous constatons qu’il s’agit en grande partie de la création d’emplois fictifs (chèques zombis). En effet, ce nombre démesuré de personnes dans la fonction de « chargés de mission, membres de cabinet, conseillers, etc…» ne sont pas là pour contribuer au renforcement de ce service public essentiel de la sécurité sociale mais uniquement pour bénéficier des revenus indus sur le dos des travailleurs/travailleuses qui donnent leur sang et leur sueur généralement dans des travaux précaires », lit-on dans cette lettre.

« Aux Gonaïves par exemple, sévit une situation dans laquelle des bandes rivales se chamaillent pour des postes de « Chargé de mission. Des prêts mirobolants à un taux très faible, soit 1% sans un minimum de garantie sont alloués à des personnes qui ne cotisent pas à l’ONA (que nous considérons comme des fonds perdus pour la plupart) pendant que les travailleurs-euses qui cotisent connaissent tous les obstacles afin d’obtenir un petit emprunt à un taux faramineux, quelle injustice ? Certains services au sein de l’ONA représentent un véritable chaos ou une armée composée seulement de généraux sans fonction et sans utilité. Par exemple, au sein d’un service de huit personnes ou d’une direction, nous trouvons un directeur, deux assistant-directeurs, un coordonateur, quatre chefs de service. Environ quatre mille  employés pour quatre cent mille cotisants », selon cette lettre. 

« Presque chaque politicien ou dirigeant de la société civile se voit attribuer un poste de consultant, de conseiller ou de chargé de mission. La CTSP se  demande si l’ONA a besoin d’autant de chargés de mission. Et si n’importe qui peut être consultant. En principe, pour donner une consultation, il faudrait qu’il y ait un besoin et que la personne doive avoir une expertise et surtout elle doive fournir un travail réel au bénéfice de l’institution et des travailleurs et travailleuses. Il est aussi de connaissance publique que certains conseillers de l’administration Moïse-Lafontant ont aussi des emplois fictifs à titre de consultant au sein de l’ONA. Il va sans dire que le paiement de salaires des membres de cette armée inutile se fait avec des fonds qui proviennent des cotisations de travailleurs et travailleuses généralement pauvres ayant un salaire journalier de misère d’environ cinq (5) dollars américains par jour », selon cette correspondance, soulignant « qu’au lieu d’œuvrer à l’amélioration du fonctionnement de cette partie de la sécurité sociale, d’améliorer les conditions de vie et d’élargir l’accès de ce droit à un plus grand nombre d’haïtiens et haïtiennes, les abus et la corruption qui prévalent à l’ONA contribuent à la destruction des droits, à l’augmentation de la pauvreté des travailleurs/euses, au pillage des fonds et à l’impunité de ceux qui sont à la direction de cet office ».

« Le Bureau exécutif de la CTSP, organisation syndicale qui veille aux intérêts des travailleurs/euses, se voit dans l’obligation de solliciter votre urgente intervention, comme chef de l’administration publique en vue de sauvegarder les fonds et intérêts des travailleurs et travailleuses », selon la lettre qui fait des recommandations. « Nous exigeons que des dispositions soient prises, notamment pour : mettre en œuvre une réforme administrative et financière en profondeur pour redresser la situation ; faire appliquer l’article 205 de la loi du 28 août 1967, faire une gestion rationnelle et transparente à l’ONA. Il est clair que cette réforme ne doit nullement porter préjudice aux emplois réels existants dans cette institution. Par souci de transparence, les noms de tous les employé(e)s de l’ONA devraient être publiés sur le site web de cette institution avec l’indication des services et fonctions assumés et de la Direction à laquelle ces fonctionnaires sont affectés(e)s, on devrait réaliser trois audits administratifs et financiers séparés et croisés au sein de l’ONA (un audit interne, un par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) et un par une firme d’audit externe ; fixer par arrêté le salaire et le nombre de conseillers au sein du cabinet du directeur général de l’ONA en particulier et des organismes autonomes en général. § Passer au crible les prêts, mettre un fonds de garantie pour ONA-Fanm pour protéger l’argent des travailleurs-euses ou le fermer définitivement. § Soumettre le processus d’embauche ou de recrutement de l’ONA à l’Office de management des ressources humaines (OMRH) conformément aux dispositions des articles 22,25 et 29 du décret du 17 mai 2005 portant révision du statut général de la fonction publique, annuler les fonctions de chargé de mission à l’ONA et réguler la question de consultant, poser la problématique du conseil d’administration des organes de sécurité sociale (CAOSS), instance d’orientation, de contrôle de la politique de l’ONA et de validation de son budget », selon cette lettre. 

« Monsieur le Premier ministre, si rien n’est fait dans les trois prochains mois, l’ONA deviendra inévitablement non fonctionnel pour cause de faillite », lit-on dans cette lettre du CTSP qui souligne avoir écrit au président Jovenel Moïse le 14 décembre 2017 pour l’informer de la situation à l’ONA. Cette correspondance est signée par Walky Pasteur Yvel Admettre, secrétaire à la communication secrétaire général et Jean Bonald Golinsky Fatal président.

Interrogé par le journal, Jean Bonald Golinsky Fatal a confirmé l’authenticité de cette lettre envoyée à beaucoup d’autres entités du gouvernement, du Parlement. Il faut crever l’abcès, a-t-il expliqué, soulignant que la mauvaise gestion à l’ONA ne peut plus être la norme de gouvernement en gouvernement.

Le journal n’a pas encore recueilli les réactions du directeur général de l’ONA sur ces dénonciations.

Roberson Alphonse source Le Nouvelliste



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