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Pour Counoubois et les autres localités oubliées

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Alors que le gouvernement claironne pompeusement que la phase d’urgence est terminée et que dès ce lundi débute la phase de réhabilitation et de relèvement, les informations qui remontent au Nouvelliste font état de situations très préoccupantes dans les zones éloignées des grandes villes du Sud et de la Grand’Anse. 

Les sections communales, les petites agglomérations, les habitants dispersés dans l’arrière-pays n'ont encore reçu aucune visite, aucune aide depuis le passage de l’ouragan Matthew. Les villes de Jérémie et Les Cayes, sévèrement frappées par Matthew, vont bien quand on les compare aux coins reculés de la Grand'Anse, du Sud et d'ailleurs, font savoir les amis du journal qui nous demandent de porter à l’attention des secours et des autorités la détresse qui s’installe là où tout a été emporté par les eaux ou détruit par les rafales de vent. 

C’est le cas par exemple à Counoubois, un coin oublié de la Grand’Anse.

 Les Filles de la Sagesse qui tiennent une école dans la localité lancent un appel urgent aux autorités pour venir en aide aux habitants sévèrement frappés par l’ouragan Matthew. Selon Sœur Nadige, la population de Counoubois (1000 habitants, dont 400 enfants) a faim, leur village est inaccessible par la route. 

La religieuse demande d'urgence d'envoyer un hélicoptère avec des vivres et de l'eau. L'hélico pourrait se poser dans la cour de l'école qui appartient aux sœurs. L'une d'elles est aussi bloquée sur place. Les religieuses soulignent avoir tenté en vain de contacter les amis d’Haïti impliqués dans l’humanitaire et n’avoir reçu aucun signe des autorités haïtiennes.

Plantés dans un paysage dévasté, les sinistrés des zones reculées survivent, en parfait décalage avec Port-au-Prince et quasi oubliés par les représentants des pouvoirs publics en région. 

« Ce que je dis et qui me choque, c’est que nous avons un territoire qui est censé être gouverné. L’exécutif est représenté non seulement par des délégués et des vice-délégués, des bureaux départementaux des différents ministères mais tu ne sens pas  une prise en main », s’insurge Anaïse Chavenet, ex-journaliste réputée et responsable d’une maison spécialisée dans la distribution de biens culturels. 

Son cœur se déchire : « la situation est vraiment dramatique pour les gens qui vivent dans les sections communales », insiste-t-elle après avoir parcouru la 9e section de Jérémie, Moron et glané des nouvelles de Dame-Marie, d’Anse d’Hainault, des Irois et d’Abricots. 

Pour Anaïse Chavenet, fille de la Grand’Anse, il faut anticiper. Les trente, les cent prochains jours seront difficiles pour ces populations déambulant sur une terre comme brûlée, sans semences, sans vivres, sans fruits. 

« Qu’est-ce que les gens vont manger ? », se demande Anaïse Chavenet, la voix empreinte d’une immense inquiétude. « Le ministère de l’Agriculture devrait être le plus sollicité. Où sont les agents agricoles ? », s’interroge-t-elle. 

« Tout le monde veut être chef. Cela ne marche pas uniquement avec des privilèges mais avec des servitudes aussi », souligne-t-elle. Ce qui est fait se fait dans le désordre, tance Anaïse Chavenet. 

L’ingénieur Georges Alcesse, installé à Chambellan, évoque lui aussi une situation difficile. « Imagine ce que cela implique quand on doit partager une aide de 50 sacs de riz avec des milliers de familles », illustre-t-il, très affecté par le razia de morne Julie et ses arbres centenaires. 

A Port-Salut, Dénina Léones, alias Bidou, marchand de fruits de mer qui a perdu son commerce, voit passer des convois d’aide vers la côte Sud. « Je n’ai rien reçu à Touyak où j’habite », confie-t-il, accroché aux promesses d’aide de quelques amis pour l’aider à recommencer, même si tout ou presque tout est dévasté à Pointe-Sable. 

L’aide, le coup de pouce pour aider les sinistrés à se relever, se relancer, est la priorité de la Fondation Aquin Solidarité (FAS), indique Magguy Rigaud. La fondation travaille afin que la cinquantaine de pêcheurs qui a tout perdu ait des filets, des glacières, des bateaux pour qu’ils reviennent, travaillent, génèrent des revenus au plus vite, insiste Magguy Rigaud.

Il faut souligner que faire entrer ou sortir les cargaisons d’aide des grandes agglomérations des départements touchés devient de plus en plus difficile. Les sinistrés des villes oublient ceux des champs et du pays en dehors. Des camions sont pillés, des stocks vandalisés, peu de convois arrivent dans les régions les plus reculées.

Cette calamité qu’est l’égoïsme s’ajoute à l’insécurité sur les axes routiers où des accapareurs s’installent pour harceler les particuliers et grappiller tout ce qui passe à porter de leurs mains.

Frantz Duval et Roberson Alphonse

source le nouvelliste


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