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Quel bilan pour Martelly cette année ?

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Michel Martelly se prépare à célébrer,  le 14 mai, son deuxième anniversaire au pouvoir avec un meilleur bilan que l'an dernier. Douze mois plus tard, c'est le moins qu'on attendait de lui, mais, ici, des fois, les chemins de traverse égarent des redressements, invitent à persévérer dans l'erreur. Martelly a su corriger les failles de ses premiers mois au pouvoir. Se séparer de certains amis encombrants, revoir son plan de match. C'est tant mieux pour le pays.
D'abord, il a su choisir, faire nommer et garder un Premier ministre. Le gouvernement a connu des départs, peine à remplacer les sortants tant les ressources de qualité ne se bousculent pas pour prendre poste, mais l'équipe n'a pas perdu son âme. Le Parlement, où Tèt Kale n'avait pas de troupes, n'est pas plus malléable en dépit des alliances successives, mais personne n'a été arrêté parmi les élus. Les lois sont votées au compte-gouttes. Comme de coutume. On ne saura pas si la faute vient de la maladresse de l'Exécutif ou de la légendaire légèreté des honorables parlementaires depuis 1988.

Le développement n'est toujours pas assuré, la croissance économique promise dans les prévisions risque de ne pas être au rendez-vous, n'empêche, le climat est meilleur. Il suffirait que l'on ne doute plus de la passation des marchés publics, de tous ces contrats qui ouvrent la porte aux projets, pour que tout le monde dorme d'un sommeil plus juste. Ici, ce ne sont jamais le poids des promesses ni les millions par centaines qui font défaut, mais la bonne exécution des ordres.

La chasse aux gaspillages est un sport que nous ne pratiquons pas assez. Le gouvernement pourra-t-il bientôt faire signer à la République dominicaine un accord permettant la libre circulation des personnes sur l'île en échange de la domination économique qu'Haïti subit ? Espérons-le, sinon le déséquilibre s'accentuera, tuera la vache à lait que nous sommes devenus, sans aucune réciprocité.
Cela dit, le peze souse dominicain n'est pas le seul mal qui nous ronge, les catastrophes naturelles ne nous ont pas épargnés. On ne sait pas encore avec certitude si le gouvernement nous évitera la double peine des dégâts matériels additionnés aux dépenses inutiles au nom d' impératifs connus de lui seul. On attend le rapport sur le fonds d'urgence et aussi d'être rassurés que Petrocaribe est en de bonnes mains. L'argent irrigue-t-il tous les acteurs économiques ? Inonde-t-il certains, fait-il transpirer d'autres d'envie seulement ? La répartition des  richesses est toujours problématique et les emplois promis pas encore au rendez-vous.
L'aide se fait rare, la diaspora vit dans des pays en crise économique, les investissements étrangers sont anémiques, Martelly et Lamothe ne sont pas responsables de ces défaillances conjoncturelles. De tout le reste oui. La diplomatie haïtienne s'est offert deux sommets et des voyages lointains. Délaissant les pays amis ou délaissée par les grands de ce monde, Haïti se cherche tèt kale de nouvelles terres d'adoption. « Tirons-nous assez avantage de notre nouveau positionnement ? » sera la grande question des mois à venir.
L'État de droit a-t-il avancé ces derniers mois ? Oui. Assez vite ? Non. Que de temps perdu avec la constitution du CEP, puis du CTCEP. Que de déceptions avec le CSPJ ! S'il est un jeu que le gouvernement ne joue pas seul, c'est bien celui-là. La société civile et les partis politiques sont ses partenaires. Quand  le refrain est « je te couillonnerai », chanté à tous les étages, l'État de droit meurt, lentement, d'inanition.  La justice n'est toujours pas guérie des réflexes anciens ni la police de toutes ses faiblesses, les deux ont su, cependant, se préserver des gros scandales. Gageons que, comme l'a dit un diplomate en poste, les bébés nés de la Constitution amendée grandissent en âge, sagesse et indépendance. Et que ceux chargés de garantir leur bonne marche ne se départissent pas de leur rôle. Martelly se souvient-il assez qu'il a été élu sans un ami au CEP ni à la tête d'aucun organisme important ?
La presse a eu une année tranquille avec Martelly. Nous sommes loin des attitudes disgracieuses des premiers jours. Martelly a su s'éloigner des micros, ne plus s'ouvrir, s'offrir qu'à des moments choisis par lui. Son Premier ministre, peu controversé, n'est pas moins prudent. La relation presse/pouvoir va bien, même si elle n'est pas idyllique. Devrait-elle l'être ? La presse a son rôle, le pouvoir, le sien. Les médias qui s'inquiétaient des chiffres pharaoniques du programme de scolarisation universelle gratuite à ses débuts sont les mêmes qui s'inquiètent des arrestations de directeurs d'école pour indélicatesse. Le doute est l'essence de la presse.

Pour rester sur le thème de l'éducation, l'Université d'État d'Haïti aura une première avance pour son campus, les étudiants ont eu des bourses, la nécessité d'une éducation de qualité s'impose comme une nécessité aux côtés de la poursuite de l'objectif de l'école gratuite souhaité par le président. Si Martely, dans ses 36 derniers mois, arrive à renforcer l'enseignement supérieur pour atténuer la fuite des devises et des étudiants, s'il comprend que la formation des maîtres est un prérequis pour des enfants éduqués, s'il ajoute plus de rigueur dans la grande loterie de la formation professionnelle, il aura introduit des changements majeurs dans le corps social.
S'il est un sujet que le retour de Jean-Bertrand Aristide sur la scène politique a mis sur le tapis, c'est celui de la faim et, concomitamment, la mise en question des performances de notre agriculture. La déception se poursuit. Lavalas n'a pas le bilan pour faire la leçon à Tèt Kale sur ce sujet, Martelly a pris le temps de le dire ce vendredi. Ce n'est pas cette absence de résultats qui pave la voie à une meilleure récolte. Michel Martelly, son Premier ministre et son ministre de l'Agriculture doivent tout faire pour déjouer le piège de ce gouffre parfait inventé au fil des années par nos ingénieurs agronomes : les milliards se perdent dans les sillons de nos terres arides comme les fleuves dans la mer depuis si longtemps que plus personne ne s'en aperçoit. Nourri de l'espérance que cela ira mieux demain, on ne remet pas en question un modèle qui n'a pas donné de résultat depuis dyab te kaporal.
Ce bilan partiel retrouvera les lecteurs dos à dos. Il y aura deux camps. Celui des sceptiques et celui des conquis. Ceux qui se pourlèchent les babines et ceux qui baillent à se décoller la tête du corps. Les satisfaits du bilan et les déçus de l'inaction du gouvernement. La frontière n'est pas clairement définie. Il y a des allers et retours entre les deux groupes. Au gré des déceptions ou des accomplissements."

Frantz Duval - Rédacteur en chef du Nouvelliste



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