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Economie: Samuel, l’homme-poisson de la rue Chavannes

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image Un employé et Samuel

L’odeur des poissons prêts pour la cuisson, le parfum des épices mélangées, le clic-clac de la « pèse-banane », le crépitement du feu, le claquement d’une assiette en carton dont on ferme le couvercle pour la passer à un acheteur, le bruit rapide d’une chaise tirée par un client pressé de passer à table, le chuchotement de ceux qui attendent « leur poisson » avec impatience, autant d’éléments qui dressent le décor du cadre qu’entretient Samuel Ozilus pour faire fonctionner son commerce, ce jeudi 30 novembre 2017.

Depuis trois ans, son fumet de poisson boucané titille quotidiennement les narines des résidents de la rue Chavannes, à deux pas de radio Caraïbes, la plus ancienne station de radio du pays. Si vous suivez l’odeur, vous arrivez au royaume, non pas de Neptune ou de Nemo, mais de Samuel, l’homme-poisson. 

Sous sa petite tonnelle, un restaurant sans nom, il dessert une clientèle avisée, friands des succulentes saveurs d’un poisson bien épicé et grillé sur du charbon de bois. Chaque poisson est un délice encore plus savoureux si dégusté chaud, arrosé de la fameuse sauce piquante, un "pikliz" d’oignon composé par Samuel.

Natif de Jacmel, c’est en observant la ruée des inconditionnels d’un bon poisson grillé vers les plages alentour, qu’est venue l’idée à Samuel d’entreprendre une telle initiative : des fruits de mer sur le grill, loin de la mer, au centre-ville de Port-au-Prince. À la rue Chavannes, il a jeté l’ancre de son rêve de restaurant pour le plaisir des papilles gustatives de plus d’un, et pour leur éviter dorénavant tout déplacement vers les plages de Gelée, de Port-Salut, de Montrouis, de Kabik ou de Raymond-les-bains. 

Après trois ans d’opérations, M. Ozilus, comptable de métier, se dit satisfait des résultats obtenus et de la renommée construite. « Nou pa t panse si biznis lan t ap rive lwen konsa. Men grasadye kounya nou fè non nou », affirme l’homme-poisson, fort de la fidélité d’une clientèle exigeante.

Il y a peu d’aficionados de "pwason griye", du centre-ville et des environs, qui puissent dire qu’il ne connaissent pas Samuel. Il se passe de présentations. Il n’y a pas que des particuliers à qui il fournit du poisson. Des institutions très connues de la place sont aussi des clients de Samuel. « Menm prezidan an manje nan pwason an », confie-t-il pas peu fier.

De 250 gourdes à 2500 gourdes, les poissons, pêchés à Marigot, sont tous, les uns les plus délicieux que les autres, si on croit les mots des habitués de sa cuisine. Avec ce petit goût que laissent les fines barres de son grill au charbon de bois, agrémenté d’une bonne sauce pimentée, l’ensemble accompagné de bananes frites, ce mets, concocté par les cuisiniers de Samuel, tous de sa famille, a tout d’un plat créole, digne d’une recette de grand-mère. 

Pour s’approvisionner comme pour ses recettes, le Jacmélien le dit lui-même, il s’efforce d’être le plus local que possible, que ce soit dans les plats, ou encore dans le matériel utilisé. C’est pourquoi, dit-il « Nou pa sèvi ak fou a gaz. Dayè li bay kansè ».

Ce n’est pas toujours la belle vie pour Samuel. Parfois, il lui manque des bras pour servir les clients, parfois, la vente est rare. C’est le cas des jours où il y a des manifestations; les gens ne sortent pas pour venir acheter et ses poissons lui restent sur les bras. Les jours fastes, ses glacières se vident et Marigot est loin.

Cette aventure dans laquelle s’est lancé Samuel ne l’empêche pas de continuer à exercer son métier de comptable au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Les revenus du restaurant lui servent d’appoint, colmatent les brèches et les besoins que son salaire de fonctionnaire ne couvre pas.

Samuel n’a pas que du poisson au menu. On y trouve parfois du lambi et même du homard. Mais le poisson reste le plat qui lui a valu sa renommée dans le domaine de la restauration. Si quelque part, dans la zone métropolitaine, vous entendez dire un jour « Yo ! gen yon pwason nan Chavàn nan, se koupe dwèt ! », pensez à Samuel ! Il n’y a pas deux vendeurs comme lui. Il ne se fait pas appeler l’homme-poisson pour rien. 

Au Nouvelliste, c’est Daphney Valsaint Malandre, la secrétaire de rédaction de Ticket, qui a introduit un vendredi le « pwason griye » de Samuel dans le menu des journalistes gourmands du journal. Depuis, à chaque fois que c’est possible, les sardes et autres perches finissent sans queue ni tête. Rien n’est à jeter dans un bon poisson grillé, n’est-ce pas???

Darline Honore source nouvelliste



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