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Une victime à la FE, le doyen indexé n’éprouve aucune culpabilité

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Un vent de tension souffle actuellement sur toute la communauté universitaire, après le malheureux incident qui s’est produit sur le seuil de la barrière principale de la Faculté d’ethnologie, lundi 12 juin 2017. L’un des étudiants expulsés de l’Université d’État d’Haïti, Jean John Rock Gourgueder, souffre et est actuellement étendu sur un lit d’hôpital, après avoir été sévèrement blessé, selon les témoignages d’étudiants, par un véhicule (le bus de la faculté) que conduisait le professeur Jean Yves Blot, doyen de ladite faculté.

 L’incident s’est produit après qu’une assemblée générale d’étudiants et des responsables de la faculté s’est terminée en queue de poisson. Des étudiants fustigeaient  le comportement des membres du décanat qui, selon eux, ne se montraient pas à la hauteur de l’une de  leurs attentes, « discuter autour de leur réintégration au sein de la faculté », puisque quatre des leurs étaient interdits de fréquenter l’institution,  selon une décision du rectorat de l’UEH. Et c’est au moment où les membres du décanat s’apprêtaient à vider les lieux que les protestataires ont dressé des obstacles pour les empêcher de partir, témoignent certains autres étudiants. 

« Nous leur avons demandé de fixer l’assemblée à une date ultérieure, pour pouvoir discuter avec eux. Nous avons dit qu’ils ne sortiraient pas avec leurs voitures sans avoir publié une note y relative», explique la victime. Le professeur Blot, qui ne participait pas à l’assemblée, a décidé d’ouvrir largement la barrière de l’espace. Après l’avoir vu monter dans le bus de la faculté, Jean J. Rock Gourgueder avoue s’être mis, accompagnés de deux autres protestataires, au sol, sur le seuil de la barrière pour l’empêcher de sortir. « Il m’a regardé étendu sur le sol pendant longtemps… Et au moment où les deux autres camarades se sont déplacés, il a démarré son véhicule à vive allure en ma direction. Moi, j’ai cru qu’il allait s’arrêter devant moi. Il n’y avait aucune autre possibilité. Je suis resté et il m’a roulé dessus », raconte Gourgueder.    

Pour sa part, le professeur Jean Yves Blot, doyen de la Faculté d’ethnologie, dans sa version des faits, nie avoir sciemment roulé sa voiture sur l’étudiant, parce qu’il ignorait que ce dernier était couché au sol. « Ils ont dressé des barricades de pneus enflammés et ont condamné la barrière principale de la faculté pour nous prendre en otage », explique le professeur, nous confiant avoir demandé à quelqu’un de scier le cadenas, avant d’ouvrir la barrière de ses propres mains. C’est alors qu’il dit avoir demandé aux vice-doyens à la recherche et aux affaires académiques, dont les voitures ont été incendiées après l’incident, à l’instar d’un autre professeur et d’un comptable, de le suivre.  À sa sortie de la barrière, le doyen souligne avoir entendu un « bruit », du moins quelque chose qui a été heurté par le bus. « Là où j’étais, personne ne s’était étendu sur le sol », se défend le doyen, qui dit avoir voulu prendre la poudre d’escampette face à l’atmosphère tendue qui régnait à cette entité de l’UEH. « On a reçu des menaces de mort, une tentative de séquestration. Je voulais m’échapper et partir de la faculté », argumente le responsable de la FE. 

Quoiqu’il soit indexé par les étudiants, le doyen Blot, rejetant d’un revers de main les accusations, semble n’éprouver « absolument » aucun sentiment de culpabilité. «  C’est regrettable ce qui s’est passé », se contente-t-il de dire, l’air serein.  Pour l’heure, Jean Yves Blot a d’ailleurs déjà porté plainte auprès des autorités de police et du parquet de Port-au-Prince contre ce qu’il « nomme » des ex-étudiants de l’UEH. 

Le rectorat va créer une commission d’enquête 

Le rectorat de l’UEH, préoccupé,  annonce la création d’une « commission d’enquête » chargée de faire toute la lumière » sur les incidents qui se sont produits à la Faculté d’ethnologie. Il en a également  profité pour exprimer ses « sympathies aux différentes victimes, tout en  lançant « un appel au calme et à la sérénité », afin, souligne-t-il dans une note parue le mardi 13 juin, de rétablir un « climat propice au fonctionnement régulier de l’institution ».  De son côté, dans une note publiée le 12 juin, le décanat de la Faculté d’ethnologie a exprimé ses « sympathies » aux responsables, professeurs et étudiants victimes des incidents survenus, peut-on lire, « suite à une tentative de séquestration perpétrée contre les membres du décanat et certains professeurs par certains anciens étudiants expulsés de l'UEH ». 

À la manière du rectorat, le décanat  appelle également  les acteurs concernés au calme et à la sérénité. Il en profite pour « demander à tous les membres de la communauté de ne pas fréquenter l’espace en attendant que des « dispositions appropriées » soient adoptées en vue de garantir la « sécurité des vies, des biens publics et privés ainsi que des documents académiques et administratifs dont il a la charge. »

Worlgenson Noël source le nouvelliste



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