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Ouragan Maria/Porto Rico : Accélération de l'aide des Etats Unis

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Donald Trump accélère l’acheminement de l’aide vers Porto Rico, ravagée par l’ouragan Maria. Les critiques lui reprochent de négliger ce territoire américain.

Le président américain a annoncé jeudi 28 septembre une levée temporaire de restrictions qui permettra d’accélérer l’acheminement de l’aide vers l’île, où les dévastations causées par Maria ont été comparées à celles de Katrina à La Nouvelle-Orléans.

Ces restrictions dataient d’une loi appelée « Jones Act », instaurée en 1920, qui requérait que les marchandises transportées entre ports américains le soient sur des navires américains, exploités par un opérateur américain.

Leur levée pour l’île et ses 3,4 millions d’habitants « entrera en vigueur immédiatement », a assuré Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de l’exécutif américain. Le département de la Sécurité intérieure a cependant précisé que la décision n’aura effet que pour dix jours.

Aide lente et bloquée

« C’est un acte de justice », a réagi la maire de la capitale San Juan Carmen Yulin Cruz sur CNN après l’annonce de Donald Trump, assurant que cette loi bientôt centenaire renchérissait tous les biens arrivant par la mer de 30 à 33 %. « Il est temps que les produits de première nécessité arrivent entre les mains des gens », a-t-elle plaidé, regrettant par ailleurs que quelque 3 000 conteneurs d’aide soient bloqués dans le port de sa ville en raison de désaccords avec l’administration sur leur distribution.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a également indiqué jeudi que le ministère venait d’envoyer « deux cargaisons géantes d’argent liquide » à Porto Rico au cours des deux derniers jours afin d’aider à « faire tourner l’économie » locale.

Critiqué pour la lenteur de l’aide apportée par son administration au territoire américain des Caraïbes, Donald Trump avait annoncé mardi qu’il se rendrait le 3 octobre à Porto Rico.

Le ministère de la défense a assuré pour sa part jeudi, dans un communiqué, qu’il « poursuiv[ait] les opérations de secours en cours et se prépar[ait] à déployer rapidement une capacité de réponse supplémentaire », indiquant que la priorité était l’acheminement d’essence et de produits de première nécessité.

« Trop tard »

« Le réseau électrique de Porto Rico est complètement détruit. Un grand nombre de générateurs sont maintenant sur l’île. Eau et nourriture sur place », a pour sa part tweeté jeudi matin le président républicain.

Mais le général à la retraite Russel Honoré, responsable des opérations militaires lors du passage en 2005 de l’ouragan Katrina sur la Louisiane, a estimé que l’administration avait réagi trop tard. « C’est assez compliqué de se rendre là-bas, cela prend du temps pour le transport », a-t-il concédé jeudi sur la radio NPR, avant d’ajouter : « Nous avons commencé à réagir environ quatre jours trop tard. » « Porto Rico est une mission plus grande et difficile que Katrina », a-t-il souligné, faisant le parallèle avec l’ouragan qui avait fait au moins 1 800 morts.

Le Washington Post relevait également jeudi que les Etats-Unis avaient réagi plus vite après le tremblement de terre de 2010 en Haïti que pour venir en aide à Porto Rico après Maria. Deux jours avec le séisme, 8 000 militaires étaient en route pour Haïti, relève le journal, tandis que huit jours après Maria, ils n’étaient que 4 400 à Porto Rico.

Rajiv J. Shah, qui a dirigé l’agence des Etats-Unis pour le développement international lors de la catastrophe haïtienne, a ainsi déclaré au Washington Post qu’il avait du mal à « comprendre les retards ». « Nous avons été en mesure d’intervenir plus rapidement dans un pays étranger, et sans préparation, puisqu’il s’agissait d’un tremblement de terre, qu’une agence mieux équipée n’ a pu le faire sur un territoire national », a-t-il déploré.

Citoyens de seconde zone

Donald Trump est notamment accusé de considérer les habitants de Porto Rico comme des citoyens de seconde zone, alors qu’ils ont la nationalité américaine, bien qu’ils n’aient pas le droit de vote. Selon ses détracteurs, l’aide fédérale avait été plus rapide pour le Texas et la Floride, touchés respectivement par les ouragans Harvey et Irma fin août et début septembre.

Mais selon le New York Times, si les responsables de l’administration américaine ont admis que la réponse semblait lente et inadéquate, ils ont défendu leurs actions et reproché aux médias d’exagérer la situation. « Je comprends que la couverture médiatique puisse donner l’impression que nous n’avançons pas assez vite », a déclaré Thomas Bossert, le conseiller à l’intérieur de Donald Trump. Pour lui, le sentiment que « rien ne peut arriver assez vite » est inévitable étant donné l’ampleur des dégâts.

Jeudi soir, le président républicain a publié deux nouveaux messages sur Twitter : « La FEMA et les premiers secours font un SUPERBE travail à Porto Rico. On a distribué énormément d’eau et de nourriture. Les quais et le réseau électrique sont morts. Les habitants essaient vraiment d’aider mais beaucoup ont perdu leurs maisons. L’armée est maintenant sur place et je serai là jeudi. J’espère que la presse traitera ça de manière juste ! »

Le ministère de la défense a pour sa part assuré qu’il « poursuiv[ait] les opérations de secours et se prépar[ait] à déployer rapidement des capacités supplémentaires », indiquant que la priorité était à l’acheminement de carburant et de produits de première nécessité.

Files d’attente

Une semaine après le passage de Maria, l’aide arrive lentement sur l’île, qui croule sous une dette abyssale et manque d’eau potable, d’électricité ou de carburant. Les opérations de déblaiement sont également lentes à se mettre en place.

De longues files se forment chaque jour devant les supermarchés où l’eau, le carburant et la glace sont rationnés, et le moral des habitants sur place est au plus bas. Certains spécialistes craignent qu’une spirale négative se mette en place.

« Avec toutes les rumeurs autour du réseau électrique qui pourrait être hors fonction pendant des mois, la partie de la population qui a les moyens de partir (les actifs, la classe moyenne, etc.), pourrait bien décider de quitter l’île. Mais il est vital que ces personnes restent pour ramener l’île à la normale », a ainsi expliqué Chuck Watson, fondateur de l’entreprise de conseil Enki Holdings, spécialisée dans les catastrophes naturelles.

Source le Monde et AFP

 

Porto Rico : quel statut par rapport aux Etats-Unis ?


Un statut flou d’« Etat libre associé »

Malgré plusieurs référendums organisés à Porto Rico plébiscitant le statut d’Etat américain pour ce territoire – le dernier ayant eu lieu en juin –, l’île n’est qu’un « Etat libre associé » depuis les années 1950.

Concrètement, ses relations avec les Etats-Unis sont complexes. Les Portoricains ne paient pas d’impôts fédéraux, mais ils contribuent à la Sécurité sociale, au système Medicare (assurance santé pour les plus de 65 ans, notamment) et paient les taxes à l’import et à l’export. En outre, l’intégralité des amendements de la Constitution ne s’applique pas à Porto Rico.

Les Portoricains, des citoyens américains

Les 3,4 millions d’habitants nés à Porto Rico sont des citoyens américains, et ce depuis le Jones-Shafroth Act de 1917. Ils peuvent circuler librement dans les 50 autres Etats américains sans passeport et sont protégés par le Bill of Rights (les 10 premiers amendements de la Constitution) des Etats-Unis.

Mais, selon un sondage publié dans le New York Times, seuls 54 % des Américains savent que les habitants de Porto Rico sont des citoyens américains.

Le droit de vote seulement pour les primaires

La citoyenneté ne leur accorde pas pour autant le droit de vote aux élections nationales. Les Portoricains votent pour les primaires présidentielles destinées à désigner le candidat de chaque parti, mais ils n’ont pas de représentants dans le collège électoral. Leurs voix ne sont donc pas représentées lors de l’élection présidentielle.

Porto Rico a également un délégué à la Chambre des représentants – Jenniffer González-Colón –, mais il ne peut voter qu’en commission. Si Porto Rico était un Etat, étant donné sa population, deux sénateurs et cinq représentants portoricains devraient siéger au Congrès. Après le référendum de juin, le gouverneur de l’île, Ricardo Rosello, a désigné ces sept élus fictifs pour qu’ils aillent réclamer leur siège à Washington. Jusque-là, le Congrès n’a pas accepté.



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