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CAEPP agite les défis liés au développement d’Haïti

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image Intervenants Conférence de Long Island University

L’ambiance est particulièrement animée. À chaque coin de l’auditorium Arnold Chwartz de l’Université de Long Island à Brooklyn, des petits groupes d’Haïtiens discutent entre eux, rient, se serrent, prennent des selfies ensemble. La plupart d’entre eux ne se sont pas croisés depuis un bon bout de temps. Ils viennent de plusieurs endroits des États de New York, du Massachusets, de la Floride, du Canada et d’Haïti. Ils sont là pour la conférence : « Les défis du développement d’Haïti».  

Jean Ronald Jeune est enthousiaste. Avec d’autres amis qui vivent ou étudient au Canada, il est arrivé depuis vendredi  pour l’occasion.   « C’est important pour moi de participer à cet échange d’idées concernant les problèmes d’Haïti», témoigne celui  qui préside la Société d’appui à la formation professionnelle et technique (SAFOPTEC), au pays  de Justin Trudeau, pendant la pause après la première série d’interventions. 

L’État  haïtien a failli à ses principales missions économiques qui consistent en la création de richesses, l’allocation de richesses, la redistribution de ressources et la stabilisation de la conjoncture, a assené le jeune économiste Énomy Germain,  citant, chiffres à l’appui, l’économiste américain Richard Musgrave.  «Le taux de croissance de notre PIB a été de  -1%  de 1980 à 2013. La plus grande part de notre budget a toujours été allouée au fonctionnement.  Pour l’exercice en cours, par exemple, les dépenses de fonctionnement engrangent 60% du budget», note Énomy Germain faisant remarquer que, selon une étude de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) en 2005, Haïti représente le pays le plus inégalitaire de la région, c’est-à-dire le pays où les richesses sont moins bien réparties.

Les recettes collectées pour l’exercice fiscal 2014-2015 ont été évaluées à 60 milliards de gourdes, soit moins d’un milliard de dollars. Qu’est-ce qu’on peut faire avec 60 milliards de gourdes de recettes? se demande l’économiste, considérant la question du financement du développement comme le principal défi  au développement.  Pour pouvoir financer le développement, il faut que les citoyens soient plus productifs,  selon Thomas Lalime soulignant pour ce faire la nécessité d’améliorer les moyens technologiques de production. 

Nous sommes presque à la veille d’une bombe démographique, interpelle Nesmy Manigat se basant sur des chiffres de l’IHSI prévoyant que la population devra atteindre la barre des treize millions d’ici 2030. Aujourd’hui, malgré les efforts en matière d’éducation, plus de 75% des adolescents ne vont pas à l’école, note Nesmy Manigat estimant qu’avec deux millions d’Haïtiens de plus  pour un  budget de deux milliards de dollars américains en 2017, l’avenir n’est pas du tout reluisant. 

 Il faut des réponses urgentes, exige l’ancien ministre.  Croyant dur comme fer que « l’avenir politique et économique d’Haïti est liée à la qualité de son enseignement et à sa rentabilité sociale, l’ancien ministre de l’Éducation et de la Formation professionnelle plaide en faveur de ce qu’il appelle la recherche de «l’intelligence collective».  « Le changement doit être vécu et construit par tous», insiste Nesmy Manigat qui pense que l’élaboration et  l’exécution de tout projet sérieux visant le développement d’Haïti doit impliquer à la fois les scientifiques, les parlementaires, les législateurs, les praticiens et les usagers ou citoyens.  

Partageant le point de vue selon lequel  le pays ne peut pas financer son développement avec un budget de 122 milliards de gourdes, le député Garry Bodeau a fait ressortir quelques sources de financement. « Si on a par exemple un million d’Haïtiens évoluant en République dominicaine, aux États- Unis, au Canada qui acceptent de payer une patente ou de faire leur déclaration définitive d’impôts, disons à raison de cinquante dollars par personne, au début de chaque exercice,  cela fera beaucoup d’argent que l’on pourrait investir dans le domaine de l’éducation», imagine le parlementaire.  

 Il pense que la loterie, qui génère  « 1,4 milliard de gourdes l’an, pourrait être une très bonne source de financement du développement d’Haïti». Le président du bloc majoritaire à la Chambre basse, proche du PHTK et ex- responsable du bureau de communication de la Primature sous Laurent Lamothe, pense par-dessus tout qu’il faut  résoudre le problème de la mauvaise gouvernance et combattre la corruption. 

 L’objectif de cette conférence a été de susciter des réflexions sur l’ensemble des défis d’Haïti, explique Claude Joseph, principal responsable du Centre d’analyse et d’évaluation des politiques publiques.  Satisfait, il indique que l’initiative vient de la volonté d’instituer un laboratoire d’idées et d’identifier les problèmes, les analyser et d’en proposer des pistes de solutions à travers des politiques publiques. 

 Six autres intervenants, dont  Yves Lafortune, qui s’est fait apôtre des politiques publiques, l’historien Arthus Wien Wébert et Pascal Adrien, chef de cabinet du président du Sénat, ont pris part à cette conférence. 

Danio Darius - source le nouvelliste - Conférence apportée par la Radio Television Caraibes


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