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Paul Farmer fait la radiographie de notre système de santé

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image Paul Farmer

Paul E. Farmer, fondateur de Partners in Health/Zanmi Lasante (ZL) et professeur émérite à l’université Harvard, s’est confié à Le Nouvelliste lors d’un entretien exclusif. Au cours de cet échange, il a abordé plusieurs sujets, notamment les contraintes politiques  empêchant l’établissement d’un vrai système de santé en Haïti, les ONG évoluant dans le domaine de la santé qui ne veulent pas s’aligner sur les priorités des  autorités sanitaires, l’épineuse question du financement de la santé en Haïti qu’il qualifie de « stupide ».

« C’est de la stupidité », a réagi le professeur de l’université américaine 

Harvard quand une question sur le financement de la santé en Haïti lui  a été posée.  Le Dr Paul Farmer, qui s’est ouvert à Le Nouvelliste jeudi en marge du colloque tenu sur la médecine d’urgence en Haïti, a dépeint une situation inacceptable. « La santé en Haïti est largement financée par les pauvres. Et ils paient beaucoup d’argent pour des services inférieurs. 70% des dépenses médicales sont supportées par la famille. Le pire, les services offerts ne sont pas de qualité », a expliqué le Dr Farmer, soulignant que c'est le plus grand dilemme auquel fait face Haïti. 

Dans un franc-parler, cet homme qui œuvre en Haïti depuis 1983 explique que depuis fort longtemps, on n’a jamais voulu investir dans la médecine, d’une manière générale dans la santé publique. Chaque fois qu’on a eu la chance d’établir un système de santé national, on ne l’a pas fait à cause des barrières, surtout des contraintes politiques. Il se justifie. « Ce qu’on ne pouvait pas faire en Haïti, on l’a fait à Rwanda. Au niveau national, on a pu répliquer nos expériences réalisées en Haïti à la République de Rwanda en 2004 alors que c’était impossible de le faire en Haïti au niveau national», a-t-il expliqué.

Si Haïti a beaucoup de ressources, de potentialités, il fait face aussi à beaucoup de contraintes qui l’empêchent de progresser. Devenue la république des ONG, les autorités n’assurent pas le leadership d’un côté et les bailleurs, d’un autre, ne s’alignent pas sur un même plan. « Quand les ONG viennent, elles n’investissent pas forcément en faveur d’un plan de santé. Rares sont celles qui coopèrent avec les autorités sanitaires.  Les bailleurs internationaux investissent dans leurs affaires mais pas exactement dans le système de santé. Très souvent, les investissements  ne se font pas en faveur des gens qui ont vraiment besoin de soins », a laconiquement expliqué le Dr Farmer, reconnaissant qu’au début, Zanmi Lasante (ZL) était du nombre des ONG qui ne s’alignaient pas sur les priorités du MSPP.  Il avoue que cette erreur s’est vite corrigée. 

Zanmi Lasante travaille maintenant de concert  avec le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP). Il détaille que ZL est présent dans au moins une dizaine de sites : « Thomonde, Boucan-Carré, Lascahobas, Cerca-La-Source, Baptiste, Cange, Belladère, Hinche, Mirebalais (Hôpital Universitaire), Hôpital Saint-Nicolas de Saint-Marc, Verrettes et Petite Rivière de l’Artibonite ».

Par ailleurs, le Dr Paul E. Farmer en a profité pour rappeler que dans tous les pays du monde, le droit à la  santé est assuré par l’État. Les 4, 39% du budget national alloués à la santé sont trop faibles. Qu'il faut tripler ce montant, a indiqué le fondateur de ZL. Liberia et Sierra Leone sont les seuls pays qui nous ressemblent en ce sens. Tout comme au Rwanda, où au cours des dix dernières années on a mis en place un système et une politique de santé qui ont depuis su porter leurs fruits, le Dr Paul E. Farmer plaide en faveur de l’établissement d’un vrai système de santé. Il fait remarquer que  la part du budget national accordée à la santé dans un pays est un indice de santé.

Edrid St Juste source le nouvelliste



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