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Des parlementaires favorables à la levée de l’interdiction sur les 23 produits dominicains, à quel prix?

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Des députés et des sénateurs, issus de la région frontalière, ont fait valoir jeudi, au cours d’une audition du Premier ministre Enex Jean-Charles au Parlement, la nécessité de lever l’interdiction sur les 23 produits dominicains. Rareté, hausse des prix de ces produits et le chômage de plusieurs milliers de pères et mères de famille représentent les arguments soulevés par ces parlementaires pour convaincre le Premier ministre d’agir vite dans le cadre de ce dossier.

 Le 16 septembre 2015, le ministre Wilson Laleau avait annoncé l’interdiction de 23 produits dominicains par voie terrestre afin de combattre la fraude et la contrebande sévissant dans les différents postes frontaliers. Cette mesure, qui avait soulevé la colère du gouvernement dominicain, a été portée devant l’Organisation mondiale du commerce. Considérant que l’interdiction ne touchait pas le libre-échange, car les voies aériennes et maritimes étant restées ouvertes pour les transactions commerciales avec la République dominicaine, l’OMC n’avait pas donné raison au gouvernement Medina.

Différents secteurs de la vie nationale, notamment l’Association des Industries d’Haïti, avaient appuyé cette initiative du ministre de l’Economie et des Finances, Wilson Laleau, tenant compte de la forte proportion de produits dominicains sur le marché haïtien. Alors que les biens produits en Haïti ne peuvent pas atteindre le marché dominicain, ceux fabriqués de l’autre côté de la frontière circulent dans tous les départements du pays. Cette mesure prise par Laleau était considérée comme la première initiative d’un gouvernement du terroir visant à protéger les entreprises locales. 

Sur le plan fiscal, Laleau avait annoncé une augmentation de 1,4 milliard de gourdes de recettes douanières, un mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction de ces produits. Sur le plan sanitaire, l’un de ces 23 produits a été interdit d’entrer sur le territoire haïtien en juillet 2015 par le Ministère de la Santé publique et de la Population. Il s’agit de la farine de blé non utilisée pour la consommation en territoire dominicain, mais exportée en Haïti. Cette farine contient un taux élevé d’azodicarbonamide, qui est nocif pour la santé. On ignore dans les prochaines années le nombre d’Haïtiens qui seront atteints de cancer après avoir consommé cette farine. 

En juillet 2012, la journaliste Nuria Piera avait révélé des traces de matières fécales dans les salamis produits par une entreprise dominicaine, lors d’une enquête. Si ces salamis étaient destinés uniquement à la consommation haïtienne, cette journaliste n’aurait pas fait cette révélation. Il est assez difficile de savoir le nombre de biens fabriqués en territoire dominicain qui sont destinés uniquement à la consommation haïtienne et qui entraînent de graves conséquences sur la santé de la population.

 Le gouvernement Jean-Charles devrait, à partir de cette audition, prendre les dispositions nécessaires pour contrôler tous les produits comestibles provenant de la République dominicaine. A travers l’Administration générale des douanes, la Direction de la santé animale du Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, le Premier ministre Jean-Charles devrait tirer la sonnette d’alarme.

S’agissant du prix élevé de la plupart de ces produits, les parlementaires savent très bien que la dépréciation de la gourde entraîne automatiquement l’augmentation des prix des produits importés au même rythme que les biens produits localement. Vu le nombre de commerçants au niveau des villes frontalières qui dépendent des échanges entre les deux pays, le gouvernement Jean-Charles a intérêt à adopter des mesures d’accompagnement en leur faveur. Le temps n’est plus à l’analyse de maintenir ou de lever l’interdiction, il faut réfléchir de préférence sur les voies et moyens devant faciliter la croissance de l’économie haïtienne.

 Si le gouvernement haïtien ne protège pas la production nationale, quel autre gouvernement va le faire à sa place ?

Lemoine Bonneau

Editorial du Nouvelliste


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