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Discours de l'ex-gouverneur de la BRH, Charles Castel

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image Jean Baden Dubois et Charles Castel

Me voici arrivé au terme de mes fonctions à la Banque centrale après environ 14 mois de la fin de mon mandat, et plus de 16 mois après que j'eus notifié au Président de la République ainsi qu'au Premier Ministre Lamothe, que je ne voulais absolument pas briguer un troisième mandat de Gouverneur.  

Je vis mon départ dans un mélange de satisfaction, de regret et de mélancolie.  Satisfaction du devoir accompli, avec un leadership empreint de conviction, sagacité, ténacité et créativité pour sauvegarder, dans toute la mesure du possible, la stabilité financière et monétaire.  Regret de n'avoir pas terminé certains projets qui me tenaient à cœur, notamment le processeur national des paiements (PRONAP).  Je ne doute cependant pas que le PRONAP sera continué et réalisé par le nouveau Gouverneur.  J'exhorte les banques commerciales à s'engager et coopérer davantage pour la pleine réussite de ce projet si important pour l'efficience de notre système de paiements.  

Comment ne pas être mélancolique en laissant une institution à laquelle on a appartenu pendant 22 ans, dont on connait chaque visage et chaque mur?  C'est l'occasion pour moi de remercier mes collègues du Conseil d'Administration de leur support et collaboration,  les membres de la haute direction dont les conseils avisés, prodigués parfois avec fougue et insistance dans une atmosphère de famille et de confiance, ont été souvent déterminants dans la conduite des affaires de la banque.  Je leur en sais gré et les invite à garder les mêmes dispositions au bénéfice du nouveau Conseil.  Je joins dans le même témoignage de gratitude tout le personnel de la banque et l'exhorte à redoubler d'efforts et de rigueur dans leurs taches.  Permettez néanmoins que j'aie un mot spécial pour Fritz Duroseau, collègue du Conseil sortant, homme d'une haute stature intellectuelle, professionnelle et morale que j'ai la chance d'avoir comme collègue et ami.  Fritz,  je m'en voudrais de ne pas t'exprimer aujourd'hui toute mon appréciation et toute ma reconnaissance.   Je ne saurais taire non plus le professionnalisme et le dévouement de mes assistantes au long de ma carrière à la banque, Anya Comeau, Betty Saint-Vil, Dorothy Duchatelier, Geneviève Roc et Marcelle B. Jean.   Merci encore, vous savez l'estime et l'affection que je vous porte.  

Je souhaite du succès au nouveau Conseil dont 3 des 5 membres sont des collègues du Conseil sortant.  Ce qui est rassurant parce qu'ils ont une bonne connaissance des défis, objectifs, moyens et limites de l'Institution dans tous ses métiers.

Je leur souhaite du succès pour le bien de l'institution qui doit continuer à se renforcer, et pour le bien du pays.  Dans un contexte constitutionnel, légal, économique et fiscal difficile,  où il faut arbitrer en permanence entre le change et les réserves internationales, avec des acteurs qui, minimisant ou occultant ce dilemme, veulent le beurre et le prix du beurre, vous reprenez la barre sachant les difficultés de la tache.  Je salue votre courage et vous souhaite d'être inspirés pour aider à conserver notre stabilité macroéconomique bien menacée aujourd'hui.  Vous seriez hautement aidés par une amélioration de la discipline fiscale sans laquelle, comme je l'ai rappelé à satiété, la stabilité monétaire est illusoire.

Mon expérience de 22 ans à la banque centrale et de 11 ans à son Conseil d'administration m'a permis d'observer une tendance aussi déplorable que constante à occulter les racines de notre mal, mal d'Etat fragile (ainsi classé par tous les organismes internationaux), d'Etat faible qui manque de moyens pour contrôler pleinement son territoire et sa population, donc forcément comme corolaire  manque de capacité d'exécuter les politiques publiques (dans quelque soit le domaine),  des défaillances énormes au niveau de la production et de l'emploi se traduisant en un déficit commercial de 3 milliards de dollars, une dépendance chronique de l'international pour combler les déficits fiscaux et de la balance courante.  C'est cela les racines de notre mal, et notre modèle politique et socio-économique est en panne.  Occulter cette vérité, pourtant d'une clarté aveuglante,  conduit à recourir à des succédanés imparfaits et de court terme, à différer sine die les réformes difficiles certes, néanmoins incontournables  si nous devons sortir du cercle vicieux de stagnation économique, de démographie galopante, de dépendance, d'instabilité, et d'approfondissement de la pauvreté.  

Nous ne pouvons pas persister à rester rebelle aux postures et initiatives  qui s'imposent. Pour rappel, et c'est loin d'être anodin, à chaque mandat présidentiel, nous produisons environ 1 million de personnes.  C'est ça notre réalité.  De grâce, arrêtons de nous massacrer.   Recherchons dans la vérité et la cohésion les ressorts nécessaires pour remettre notre pays sur ses pieds.

Nos compatriotes le méritent bien.

Merci.



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