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Jean Charles Moise et la victoire de Jovenel Moise...

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image Moise Jean Charles

« Se battre pour une cause juste est déjà une victoire » 

Tout comme il existe des victoires sans combat, il y a aussi des combats qui n’aboutissent jamais à la victoire, cela va de soi. Gagner une bataille politique électorale ne permet nullement d’inférer la supériorité du vainqueur par rapport à son (ou ses) compétiteur(s). Etant donné qu’en politique tous les moyens ou presque sont bons, une victoire électorale, par conséquent, ne peut être ni une condition nécessaire ni suffisante pour juger de la faiblesse des compétiteurs malheureux. Tout au contraire, à bien des égards, la faiblesse est souvent synonyme de force. Les moins corrompus, ceux qui veulent jouer selon les normes de la transparence et de justice réalisent très rarement leurs ambitions électorales. Dans ce cas, il serait peut-être mieux d’interpréter le jeu électoral en Haïti comme un jeu de « qui perd gagne ». Point n’est donc besoin de faire une liste de « perdants » qui sont devenus immortels pour avoir façonné le cours de l’histoire dans la bonne direction. De cette logique, deux leçons peuvent être tirées : 1) Une victoire électorale est toujours provisoire, la bataille pour le changement et de transformation sociale est permanente, donc ce qui importe ce n’est pas nécessairement une victoire mais la bataille ; 2) une victoire électorale quoiqu’elle ne puisse se substituer à la bataille ne peut pas être analysée de façon isolée. Elle est une conquête se réalisant dans la bataille pour le changement. À ce titre, elle n’est pas de l’exclusivité du (ou des) victorieux, elle est désormais un bien public disponible, donc passible de critiques par tous ceux s’engageant dans la bataille pour le changement.

Au regard de la première leçon traitant la permanence de la bataille pour le changement, il y a lieu de considérer le sénateur Jean Charles Moise comme un gagnant. Jean Charles Moise n’est certainement pas parfait, on lui reproche son comportement autocratique. En politique chacun semble avoir un « tic » qui laisse à désirer, c’est-à-dire que personne n’est parfaite. Sinon Diogène qui en plein jour parcourant Athènes avec une lanterne allumée à la recherche d’un « homme » pourrait tout au moins faire choix de lui-même. Les mérites de Moise Jean Charles, cependant, sautent aux yeux. Il n’est pas avide. Il ne plie pas l‘échine ni à la pression menaçant sa vie, ni devant les offres pouvant changer sa condition matérielle d’existence personnelle. Même ses détracteurs les plus farouches l’admettent.  Dans un pays comme Haïti marquée par de grandes précarités, un leader comme Jean Charles Moise est une espèce en voie de disparation. On doit donc la préserver. Son problème avec Assad est un non-sujet. Ce sont des choses qui arrivent dans toute famille politique. Qu’ils se mettent tous les deux à la hauteur de la tâche historique qui leur incombe. 

Concernant la deuxième leçon affirmant qu’une victoire électorale est un bien public, il est à espérer que les flatteurs et les groupes d’intérêt qui entourent Monsieur Jovenel Moise ne l’empêcheraient de porter une attention soutenue aux critiques (qui seront) formulées par le Sénateur Jean Charles Moise. Martelly a été induit en erreur par ces mêmes flatteurs. Le résultat on le voit à l’œil nu.  

Présentement, l’euphorie est à son comble. Une victoire électorale provoque toujours chez les zélés et flatteurs un mal que j’appelle le « syndrome du présent ». Ceux qui souffrent de ce syndrome croient qu’un mandat de 5 ans offre un pouvoir définitif et éternel. Ils oublient trop rapide (ou ils ignorent) qu’en démocratie il n’y a que des équilibres ponctués, sinon le parti Lavalas serait au pouvoir éternellement.  Mais non, aujourd’hui Lavalas passe à l’opposition. Qui pis est, Lavalas dénonce des élections frauduleuses. Qui l’aurait cru ? Pas ceux qui souffrent du syndrome du présent en tout cas.

Si cet exemple ne suffit pas pour convaincre les incrédules, vous pouvez continuer à faire de la sourde oreille aux critiques comme s’il est vrai que les défis qui attendent l’actuelle équipe peuvent être adressés par une formule magique : Soleil, Terre, Eau.

Claude Joseph



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