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L’affaire UCREF contre Jovenel Moïse se dégonfle

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image Frantz Duval

Après plus de quatre ans d’enquête et d’attente, l'affaire Jovenel Moïse rapportée par l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) va peut-être connaître son dénouement. Ce vendredi, devant un juge d’instruction, les responsables de la Banque nationale de crédit, 3e banque haïtienne et propriété de l’État haïtien, vont faire le point sur la partie qui les concerne dans le rapport produit par l’UCREF, institution placée au cœur du dispositif de la lutte contre la corruption en Haïti.

La déposition des banquiers de la BNC est capitale. L’argumentation principale du rapport et sa conclusion prennent racine sur l’analyse de l’un des comptes de Jovenel Moïse tenu dans cette banque à une époque où l’homme d’affaires de Port-de-Paix n’était pas encore candidat ni vainqueur de la dernière présidentielle.

Les conclusions du rapport avaient porté l’Unité centrale de renseignements financiers à l’acheminer au parquet de Port-au-Prince, puis le commissaire du gouvernement l’avait transmis à un juge d’instruction pour déterminer si « monsieur Jovenel Moïse manipule des fonds qui n’ont rien à voir avec ses entreprises ».

Tout repose sur des sommes que le rapport indexe comme étant en dollars américains. Jovenel Moïse, qui prête serment le 7 février pour devenir le 58e président d’Haïti, s’en est toujours défendu pour expliquer que les montants en question sont libellés en gourdes. Cela fait une énorme différence, soit près de 70 fois moins. 

Toute l’affaire, si affaire il y a, prend sa source dans une dénonciation faite en 2012-2013 contre Jovenel Moïse. A l’époque, Michel Martelly est président et Jovenel Moïse ne fait pas de politique active. Il se cherche une place pour faire financer par l’État son projet d’une grande plantation de bananes biologiques et suscite déjà questionnements et jalousie dans les rangs des amis du pouvoir en place.

Trois ans plus tard, le rapport partiel et confidentiel de l’Unité centrale de renseignements financiers est acheminé à la presse après une fuite orchestrée par on ne sait qui.

On se demandera encore et encore pourquoi le rapport a attendu la dernière quinzaine de janvier 2017 pour sortir du tiroir du juge. Pourquoi ce n’est qu’au début de l’année qu’un certificat a été établi pour prouver que le compte en examen est bien libellé en gourdes. Pourquoi la Banque nationale de crédit n’a jamais été citée à comparaître devant les instances de contrôle ou par-devant le juge pour éclaircir les zones d’ombre. Pourquoi tout le monde a pris son temps dans cette vraie-fausse affaire.

Le conseil de direction actuel de la BNC n’était pas en poste au moment du lancement de l’enquête. Le directeur actuel de l’UCREF non plus. Il ne demeure pas moins que les deux institutions risquent d’être dans la tourmente s’il s’avère que, malgré elles, suite à une erreur dans un papier administratif, sur une simple négligence ou victime d’une machination, elles ont concouru à entacher la réputation d’un citoyen, devenu depuis président élu.

Les explications de ce vendredi devant le juge d’instruction sont un premier pas. On ne sait pas combien d’acteurs sont cités à comparaître ou veulent être entendus. D’autres éclaircissements sont attendus d’autant que le directeur général de l’Unité centrale de renseignements financiers indique qu’il y a d’autres éléments dans le dossier- on ignore lesquels- qui devront être décortiqués.

Jovenel Moïse a déjà dit que, dès le lendemain de sa prise de fonction, il va travailler à rendre les institutions haïtiennes plus fortes. Le prochain président a du travail pour dégonfler les lourdeurs et rendre plus transparente et plus efficace toute la machinerie de la justice.

Editorial du Nouvelliste



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