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La suppression de portefeuilles ministériels allège-t-elle la caisse publique?

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Jeudi 10 mars 2016, 3h30 p.m., Radio Métropole titre « Des dizaines d’employés du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique protestent contre la décision du président Privert de fusionner le MJSAC avec le ministère de l’Éducation nationale. Ils ont marché ce matin du Gymnasium Vincent jusqu’au palais national pour demander au président Privert de revenir sur sa décision». Peu auparavant, Télé Ginen, diffusant les images de la manifestation, a donné notamment la parole à Woodly Simon, directeur Jeunesse et Insertion et à Jean-Roland Dartiguenave, directeur du Centre sportif de Carrefour. Selon ce dernier, ancien footballeur international, le message envoyé avec cette décision est brouillé puisque le sport projette une meilleure image d’Haïti. Pendant que les jeunes footballeuses U-18 sont championnes de la zone Caraïbe et les filles U-17 viennent de dominer le Canada dans la zone de la CONCACAF, M. Privert ne donne pas assez d’importance au sport. De plus, parmi 41 nations de la CONCACAF Haïti, en football masculin, s’est qualifié pour la 16e édition de la Copa América. Il n’y a que le sport à faciliter l’intégration des jeunes.

De son côté, M. Simon croit que pour éviter que les jeunes des quartiers défavorisés ne soient la  proie des bandes criminelles, le MJSAC doit jouir de son autonomie pour exécuter les programmes au bénéfice de la jeunesse. Je me suis demandé à la vue de cette soudaine mobilisation si le président Privert a été bien conseillé dans son désir de faire des économies budgétaires. Dans la matinée du même jeudi 10 mars 2016, M. Uder Antoine, invité du magazine « Le Point» de Radio Métropole s’était vu quand poser la question par Wendell Théodore : Quand on fusionne des ministères, l’État fait-il des économies ? Puisque pour les bureaux du secrétaire d’État et du directeur général, leur fonctionnement comporte un coût. Le seul fait de supprimer un poste ministériel n’allège pas vraiment la dépense publique.

Le coordonnateur de l’OMRH est d’avis que la fusion est une bonne chose. Selon la loi, le nombre de ministères oscille entre 15 et 17. A la question de l’animateur de « Le Point» : « 100 000 employés suffisent-ils à assurer la dotation de services à la population ? », M. Antoine ne peut pas répondre par l’affirmative.

En réalité, l’OMRH a succédé depuis 2005 au ministère de la Fonction publique et poursuit un travail de rationalisation. Ses recommandations sont suivies. Des progrès ont été accomplis dans la structuration du service public. Les recrutements se font sur la base de concours. Des parlementaires se montrent compréhensifs en décourageant la pratique de nomination des amis. Par exemple, le sénateur Steven Benoit prêche l’exemple. Uder Antoine, lui aussi, prêche l’exemple. Sur les ondes, l’administration publique est devenue brusquement un sujet de débat.

Pour ma part, je tourne et retourne la question et je me demande si le président Privert avec son statut intérimaire avait la compétence pour réduire le nombre de ministères. De plus, est-il bien imbu de l’importance prise par certains secteurs de l’administration publique dans la fourniture de services à la population ? N’a-t-il pas été trop vite en besogne ? 

Puisque une fois la composition du cabinet ministériel dévoilée, à la fois les syndicats d’enseignants sont montés au créneau (Radio signal FM, dans son édition de nouvelles du mercredi 9 mars, 5h p.m., a relayé les protestations de syndicalistes enseignants notamment le redoutable professeur Josué Mérilien de l’UNNOH. Ils croient que le ministère de l’Éducation a déjà assez de chats à fouetter pour se priver d’un portefeuille entier) et le personnel du MJSAC ne mâche pas ses mots pour dénoncer la décision.

Dans la soirée du mercredi 9 mars, Radio Ginen dans son magazine « Sports débats» accueillait trois membres du personnel du MJSAC dont Gilbert Charlens, directeur du Centre sportif Dadadou. Un intervenant depuis Texas n’en revenait pas du fait par le gouvernement provisoire de se passer des services de la  ministre sortante du Tourisme (NDLR : Mme Stéphanie Villedrouin) et du ministre sortant des sports (NDLR : M.  Jimmy Albert). Son argumentation est que désormais à la fois le tourisme et le sport projettent la meilleure image du pays. Il a raison, sauf au président provisoire de s’expliquer et de convaincre l’opinion.

En attendant, brusquement la tension est montée. Pour la faire retomber, M. Privert prendra-t-il son bâton de craie pour, sur le tableau vert ou noir, statuer sur les restrictions budgétaires. En clair, la suppression de deux à trois portefeuilles ministériels fait-elle conserver de l’argent bien au chaud dans la caisse publique ? La fourniture de services à la population ne sera-t-elle pas réduite à la portion congrue ? Une chose est claire : la maîtrise de l’administration fiscale ne signifie pas que le président Privert maitrise pour autant l’administration publique qui a ses compétences propres.

Jean Claude Boyer Carte Blanche Nouvelliste


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