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Minustah, le mal nécessaire

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Il y a 11 ans depuis que les troupes internationales sont revenues en Haïti avec la mission officielle de stabiliser le pays. La présence des soldats étrangers formant la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah) est vécue par les nationalistes comme une gifle. Ils ne ratent pas une occasion pour exiger leur départ. L’épidémie de choléra qui a éclaté dans le pays au lendemain du séisme du 12 janvier 2010 avait versé de l’huile sur le feu de ceux qui rêvent de voir la terre de Dessalines se débarrasser de la mission onusienne accusée d’être à l’origine de la propagation de ladite maladie.

Cette semaine, la Minustah annonce la diminution de ses troupes d’ici avril prochain. Cette annonce que les anti-Minustah accueillent avec joie surprend pourtant les autorités haïtiennes. Le président Michel Martelly a vite écrit au Conseil de sécurité de l’ONU pour demander la reconsidération de cette décision. Martelly, mieux que quiconque, sait ce que veut dire le retrait même partiel de la Minustah à quelques mois des élections pour doter le pays de députés, de sénateurs, d'élus locaux et d’un nouveau président.

Entre son costume de nationaliste et celui d’un chef d’Etat réaliste, Martelly a fait son choix. Qui ferait autrement dans le contexte actuel ? Alors que le processus électoral est en branle, les bandits armés défient les forces de l’ordre à Port-au-Prince comme dans certaines villes de province. De quoi porter les sceptiques à s’interroger sur la capacité des forces de l’ordre à sécuriser le processus électoral. Un doute légitime au regard des jours mouvementés que le pays connaît depuis le début de l’année. Le doute persiste même si la PNH donne signe de vie à Port-au-Prince cette semaine. Qu’en est-il de Jacmel ? Cité Soleil ? Petit-Goâve ? Chacun a en tête une commune, une circonscription ou une section communale qui pourrait basculer dans la violence pendant la période électorale.

On n’a pas besoin de voyager loin dans l’histoire pour montrer que les élections en Haïti ne sont pas toujours une partie de plaisir. En 2006, le CEP dirigé par Max Mathurin avait proclamé la victoire de René  Préval sous la pression de la rue. La Minustah comme la PNH étaient dépassées par les événements. Cinq ans plus tard, les partisans de Michel Martelly rééditaient l’exploit. Pendant des jours, ils imposaient leur loi à travers le pays pour forcer le CEP dirigé à l’époque par Gaillot Dorsainvil et Pierre-Louis Opont à proclamer les résultats en faveur de leur candidat. La Minustah comme la PNH étaient une fois encore dépassées par les événements.

De 2006 à nos jours, l’autorité de l’Etat n’a pas été renforcée. Le pays n’a pas été stabilisé non plus si on se réfère au dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon devant le Conseil de sécurité.  Malgré tout, le président Martelly comprend qu’il est préférable que la Minustah soit là.

Jean Pharès Jérôme Editorial du nouvelliste



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