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Pour un débat sur l’utilisation des réseaux sociaux en Haïti

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Les réseaux sociaux (Whatsapp, Facebook, twitter, Instagram, etc.) marquent un tournant qui vaut son pesant d’or dans la vie de l’homme moderne. Grâce à la magie de l’internet, leur utilisation s’impose pour s’apparenter à une forme d’uniformisation et d’universalisation du langage.  Avec les réseaux sociaux, plus de frontières pour écouter les pulsations du monde. Ils  font donc tomber le mur de la distance qui éloigne les peuples, lesquels se rapprochent en vivant quasiment au même rythme, les mêmes infos, les mêmes évènements. Ainsi, l’Amérique s’émeut instantanément devant la même image qui émeut l’Europe, et  L’ Asie danse momentanément la musique qui fait danser  l’Océanie. C’est la Word culture, s’il faut reprendre Ignacio Ramonet dans ‘’Géopolitique du chaos’’. Les réseaux sociaux ont en ce sens la vertu d’aider à une connexion interculturelle et participent donc du projet de la globalisation…

Les R.S. traduisent la logique de la vitesse qu’épouse le monde moderne. Avec ces nouveaux dispositifs technologiques, l’information peut, en une fraction de seconde, atteindre une quantité inimaginable de personnes possibles, comme aucun autre médium ne peut le prétendre. Jamais dans l’histoire de l’humanité, l’information ne s'est répandue à un rythme si effréné. Si ubiquité, instantanéité, étaient naguère attribués à des divinités de l’Olympe, aujourd’hui ils s’avèrent des attributs de l’être humain. Car, on peut être ici et se faire voir, se faire entendre ailleurs au même moment grâce à la magie de la technologie. Donc, internet aidant,  d’ici à l’autre bout du monde, répétons-le, la distance n’est plus un obstacle.

Si ces outils de la catégorie des NTIC ont envahi l’Europe depuis déjà plusieurs décennies, ce n’est  qu’hier que Haïti commence à en faire l’expérience. D’ailleurs c’est très tard, soit à l’orée de l’an 2000, que l’internet atteint nos rives. Et depuis l’accessibilité quasi généralisée de l’internet dans le pays,  les R.S. imprègnent notre quotidien au point tel qu’ils viennent supplanter nos vieilles routines. Ils viennent, autant dire, s’incruster dans nos pratiques de vie en société. Du plus bas étage social, au plus haut placé, on en fait usage. Leur utilisation commence même à  entrer dans des pratiques institutionnelles. Combien d’informations officielles passent par ces canaux ? Combien de ministres sous l’administration Martelly/Lamothe se voyaient  remercier à l’aide d’un tweet ? Donc, l’utilisation des R.S, parce qu’ils imprègnent notre cadre de vie collectif,  devient une réalité sociale indéniable, du moins préoccupante.

Cependant, à côté de toute  l’importance que revêtent les R.S,  ces derniers parallèlement ont des conséquences  fâcheuses sur la vie sociale en Haïti. En effet,  ils servent de vecteurs les plus efficaces à la propagation d’obscénités. Ils servent aussi à des banalités et des idioties des plus fortuites. Ils provoquent la paresse, intensifient l’oisiveté dans un pays où déjà la majorité de la population est au chômage,  supplantent nos bonnes mœurs, révolutionnent nos traditions,  découragent la concentration intellectuelle.  Ils portent en eux le vice de nous éloigner de ceux qui sont proches et de nous rapprocher de ceux qui sont éloignés. Quel paradoxe ! Ils ouvrent aussi le champ à la cybercriminalité. D’aucuns arriveraient jusqu’à dire qu’ils viennent cristalliser cette fuite de valeur qui oblitère la société haïtienne.

Aussi, ces nouveaux médiums de la technologie viennent-ils  tout à coup brouiller le paysage de l’information en Haïti. En effet, le flux d’informations qui circule sur les réseaux sociaux a souvent l’effet  pervers de créer de la confusion dans les esprits, de faire courir les rumeurs les plus "mangeuses d’hommes" et de femmes et d’alimenter une espèce d’alarmisme qui souvent se révèle déstabilisant. Du moins, on s’habitue à des textes sur Facebook ou sur whatsap dont la plupart sont entachés de mensonges, de calomnies, d’injures, de diffamation portant  atteinte à la personnalité des gens ciblés.  Mais, le plus frustrant dans tout ça, c’est l’impossibilité pour la victime de se porter partie civile. Car aucune loi ne régit la matière. Aucun garde-fou en terme normatif.   Ce qui fait que sur les réseaux sociaux n’importe qui peut dire n’importe quoi  sur n’importe quelle personne sans en être inquiété. Et on se demande perplexe si ce n’est pas un moment opportun, à l’occasion de la rentrée parlementaire, d’engager un vrai débat sur la question, ne serait-ce que pour faire un petit pas avant-gardiste sur cette voie nébuleuse?

 En somme, le Parlement est le lieu d’institutionnalisation des préoccupations sociales et du débat public. Tel que considéré, tout ce qui traverse la société doit l’intéresser. Or la société bouge en apportant  périodiquement  de profondes mutations, lesquelles s’accompagnent toujours de nouvelles nécessités, de nouveaux comportements et de nouveaux repères. Et, dès que s’opèrent ces changements,  il faudrait un débat comme cadre minimal pour mieux appréhender ces changements. D’ailleurs, ce n’est qu’un élément abécédaire de sociologie juridique, que les situations sociales créent des nécessités de législation et vice-versa.  En ce sens, l’invasion des réseaux sociaux en Haïti, comme nouvelle dynamique sociale,  avec leurs implications tant éthiques que sociologiques mérite l’attention particulière de l’autorité législatrice, ne serait-ce que pour soulever le débat dans la société. Il y va donc de la mission du parlement de contrôler le processus évolutif de la dynamique sociale.

John Wesley DELVA, journaliste.



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