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SESSION PARLEMENTAIRE DU 13 JANVIER : QUEL MARCHÉ DE DUPES !

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image Jean L Theagene

Toute parole n’est rien par elle seule et l’éloquence même un vain son si elle n’est pas empreinte de sincérité pour la féconder. A l’ouverture de la session parlementaire du 13 Janvier Martelly et Lamothe paraissent n’avoir convaincu que les membres de leurs écuries, aux dires de leurs adversaires politiques qui n’ont même pas coopéré par un mouvement de bonne volonté aux efforts de la parole qu’ils ont entendues pour qu’elle les pénètre voire les ravir. Ils vont jusqu’à dire qu’à eux deux, ils incarnent le pasteur qui prêche l’eau et boit du vin dans une Haïti travaillée par des forces anarchisantes, ces courants venus du fond des âges, des tréfonds de la société et qui surtout échappent à tous les corps constitués.


Aujourd’hui, au pays, c’est le temps de la défiance démocratique et du poujadisme catégoriel qui semble vouloir ébranler l’ordre républicain. Chacun son volatile et sa rébellion. On croirait une épidémie. Le sentiment  de révolte provient du fait que les Haïtiens ne savent plus pourquoi ils paient des impôts à un État incapable d’assumer la mission qu’il s’est assignée en matière d’éducation et d’emploi. Autant de jacqueries fondamentalement réactionnaires qui fournissent des bataillons de militants réclamant la démission du Chef de l’État. Il en est même qui se prennent pour les seuls héroïques héritiers des combats pour les droits humains, là, où ils en font leur beurre et qui sans décence pensent représenter la seule interprétation possible des principes de la démocratie.
Dans cette escalade où n’importe quoi s’improvise n’importe qui, nous estimons que le gouvernement a une écrasante responsabilité. D’abord, par ses hésitations, ses maladresses insignes de communication, sa manière de croire aux vertus d’une frange de la société, son habitude de vendre de la pluie au Ciel en promettant tout à tout le monde sans souci d’honorer ses engagements. Le genre de barman à oublier l’alcool dans ses préparations. 


Sur ces entrefaites, le rendez-vous de Janvier 2014 s’annonçait décisif. Le Président Martelly se doit de réfléchir à cette nouvelle donne s’il veut sauver son mandat. Comprendra-t-il que le temps n’est plus aux adaptations à la marge et que le seul mouvement qui ait un sens pour l’opposition est celui du grand chambardement. Déjà la campagne pour sa succession a rudement commencé et ceci encore dans son propre camp. De lui, on parle déjà au passé et certains analystes s’interrogent même de savoir si l’opposition à son gouvernement veut vraiment faire du pays un nouveau front de combat ou si le pouvoir politique tente de détourner l’attention de l’opinion de l’impasse politique que traverse le pays.


A écouter les nouvelles en provenance d’Haïti, on a la fâcheuse impression d’une défaite de la pensée et que notre pays sombre dans un nihilisme politique et culturel du tout se vaut et rien ne vaut rien. Un paysage défiguré par de cyniques marchands de vide, un peuple et une terre, souvenirs pour écomusées. Rêves douloureux, amertume devant la perte des manières de civilité, ébahissement devant la nullité des politiques, des fripouilleries parlementaires et des obstinations d’un exécutif, une presse, la police de la pensée, des marionnettes politiques en quête de votes, des formations populistes discréditées, des indignés professionnels, des immigrés brûlés par le soleil et le sang, une justice souffrant de troubles neurocognitifs doublée d’une gourmandise relevant de l’hyperphagie boulimique.
Que chante-on d’autre au pays qu’une chanson de cimetière ? Aujourd’hui, tout est foutu, hier tout était mieux. Pourtant même dans leurs excès, nos politiques arrivent à mettre le doigt sur des maux de notre société. Mais, que proposent-ils pour les guérir ? Rien. Ils ne regardent pas le pays en médecin mais en hypocondriaque. Ils ne font que traquer les boutons sur le corps social non pour les soigner plutôt que pour y voir le premier symptôme de l’horrible maladie mortelle dont ils sont les premiers à annoncer la venue et qu’ils appellent surtout de tous leurs vœux.


De guerre lasse, le Président Martelly s’accroche à une vieille règle qui stipule que, quand les politiciens sont morts, ils finissent par renaître surtout quand on les a enterrés. Fort de cela, il prêche la politique de la main tendue en exhumant des cadavres Duvalier, Avril, Aristide, Préval qui, du reste, ont tous un anneau chez l’orfèvre le plus proche en vue d’un trompe-l’œil : Réconciliation Nationale. Le Président qui choisit d’être le point centripète d’un pays soumis à des forces de plus en plus centrifuges s’est vite converti en curé bénisseur cherchant à réconcilier catholiques et hou gans à feu et à sang en pleine guerre de religion par les nombreux agités, comiques troupiers qui ne font rire personne.
De tout ce qui précède, le Président a une leçon à tirer : «  Le pouvoir, c’est exactement le contraire de la vie : c’est de l’eau. Si vous mollissez le creux de la main, vous la gardez. Si vous serrez les poings, vous la perdez. » Tous ceux qui connaissent la vie savent qu’elle échappe très souvent à ceux qui ont peur de la perdre.
 
                                                 Miami, le 15 Janvier 2014
                                                  Dr Jean L. Théagène
                                                                            
 
 
Jean L. Théagène
Président de l'UNDH
(Union Nationale des Démocrates Haïtiens)
Tel: 786-234-5905
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