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Budget 2017-2018 : des spécialistes s’interrogent

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C’est l’une des rares occasions où Forum – émission consacrée aux débats autours des grands problèmes et enjeux majeurs sociétaux  – met en discussion un sujet brulant d’actualité : la loi de finances. En effet, le budget 2017-2018 défraie la chronique bien avant qu’il ait été voté par les branches des deux Chambres du Parlement. Il est l’objet de protestations des rues, de manifestations violences et de grève  – nationale ? Ce texte soulève la grogne populaire, et semble embarrasser le pouvoir et bien des parlementaires. Et contre eux s’érige l’opposition politique qui appelle à la manifestation.   

En quoi ce budget est-il un programme sociopolitique et économique, un instrument de souveraineté et de  gouvernance ? En quoi reflète-t-il la vision, les promesses de campagne du chef de l’Etat ainsi que les engagements du chef du gouvernement tels qu’ils ont été exprimés dans sa politique générale devant le Parlement ? Ce budget tiendra-t-il sa promesse ? Sert-il vraiment de prétexte aux opposants du pouvoir qui appellent la population à manifester ? Qu’est-ce qui explique qu’il devienne un élément déclencheur de mouvements sociaux, de contestations, interpellant le simple citoyen et suscitant les critiques et les interrogations des économistes ? Quels en sont les points forts et les points faibles ? En quoi est-il sincère ? 

Ce sont, entre autres, les principales questions, au Forum du samedi 23 septembre, qui ont suscité les débats, fructueux et courtois, entre le spécialiste en administration publique Yves Lafortune et les économistes Etzer Emile (auteur d’un récent article autour du budget paru la semaine dernière au Nouvelliste) et Peterson Noël.    

D’abord, tel un exercice pédagogique, les invités ont chacun apporté une définition du budget selon leurs champs de spécialisation. Il est, pour Yves Lafortune, « un instrument de mise en œuvre des politiques publiques, permettant la réalisation des projets gouvernementaux ». L’économiste Peterson Noël le définit lui comme « un instrument de souveraineté, grâce auquel le gouvernement peut réaliser des projets et répondre aux besoins de la population ». Pour sa part, l’économiste Etzer Emile l’appréhende dans sa dimension d’outil de gouvernance, d’instrument juridique, politique et économique.  

Pour ce qui a trait aux protestations populaires, Peterson Noël estime que le budget a été pris comme prétexte de manifestions et qu’il y a une occultation de la vision du gouvernement et de son programme qui s’en dégagent. Défendant le budget, l’économiste Peterson Noël croit qu’il repose sur la vision du président de la République portant notamment sur l’électrification du pays, le développement de l’agriculture, la croissance et la justice sociale. Il déplore par ailleurs que l’opposition soit et se fasse dans les rues, et ne s’inscrive pas dans une démarche de production d’idées, de propositions et de critiques constructives. Il regrette que le pays continue de vivre des moments d’instabilité depuis plus de 30 ans. 

Etzer Emile convient de l’ambition de ce budget en ce qu’à travers ce texte le gouvernement prévoit de collecter plus de 93 milliards de gourdes de recettes domestiques, de réduire notre dépendance vis-à-vis des dons de l’international et d’obtenir du financement interne.  Il reconnait toutefois que cette loi de finances comporte des  aspects négatifs, des irritants qui ont soulevé le mécontentement et la grogne des groupes de la population. Parmi eux : l’augmentation des taxes et des droits relatifs au passeport, aux permis de conduire, aux contraventions, à l’immatriculation fiscale, au montant forfaitaire de 10 000 gourdes de déclaration définitive d’impôt. Bref, ce sont autant de modification qui exaspèrent les gens.       

Yves Lafortune remet en question le manque de communication autour du budget. Car pour lui, ce budget n’est pas différent de ceux que les différents gouvernements antérieurs s’étaient dotés. Ainsi il appelle les actuels dirigeants à avoir de le sens de l’autorité, à changer de mode de gouvernance, « celle qui nous rend fragiles » et à sortir « du fonctionnariat ». 

Dans leurs critiques respectives du budget, Etzer Emile et Yves Lafortune reconnaissent que ce budget n’est pas un budget programme, qui, dans sa vision globale, embrasserait les chantiers de développement et viserait la croissance, la création de richesses et séduirait les investisseurs. Pour Etzer Emile, le budget se doit d’être un vrai contrat social, politique et économique.    

Face à ces mouvements sociaux annonciateurs de crise, Yves Lafortune interpelle les élites du pays et nos dirigeants en vue d’un dialogue. Il plaide pour la mise œuvre de vraies politiques publiques, pour une meilleure gouvernance et le développement des collectivités locales. Vu la situation qui prévaut suite au vote du budget et à sa publication, le spécialiste en administration publique croit qu’il est nécessaire de rectifier le budget. Une idée à laquelle semblerait adhérer l’économiste Etzer Emile, contrairement à son confrère Peterson Noël pour qui ce budget reflète les engagements de changement que veut tenir le chef de l’Etat. 



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