CARICOM lance un comité jeunesse pour lutter contre la criminalité et la violence

La Communauté caribéenne (CARICOM) a instauré un nouveau comité consultatif jeunesse destiné à donner aux jeunes un rôle plus important dans l’élaboration de stratégies régionales visant à prévenir la criminalité et la violence.

Le Comité consultatif des jeunes de CARICOM sur la prévention de la criminalité et de la violence (YAC-PCV) offrira un mécanisme formel permettant aux jeunes de contribuer à la conception, à la mise en œuvre et à l’amélioration des initiatives de prévention de la criminalité du bloc régional.

Composé de huit membres, le comité réunit des jeunes âgés de 18 à 29 ans, issus des États membres et des associés de CARICOM, avec un accent sur l’équilibre entre les sexes et l’inclusion des groupes marginalisés.

Selon CARICOM, le comité aidera à développer des webinaires interactifs, des trousses d’outils pratiques et des initiatives politiques s’inscrivant dans les programmes du Secrétariat de CARICOM consacrés à la sécurité et au développement des jeunes.

Michele Small-Bartley, responsable du développement de la jeunesse au Secrétariat de CARICOM, a déclaré que ce comité a pour vocation de veiller à ce que les stratégies régionales de lutte contre la criminalité reflètent les expériences et les points de vue de la jeunesse des Caraïbes.

Il fera également office de passerelle entre les jeunes, les décideurs et les institutions régionales œuvrant dans les domaines de la justice, de la sécurité et du développement social.

« En intégrant les jeunes dans la gouvernance de CARICOM en matière de criminalité et de sécurité, le Comité renforcera l’inclusion et l’accessibilité, garantissant la participation des jeunes vivant dans des zones éloignées, des personnes en situation de handicap et des personnes issues de milieux linguistiques et socio-culturels variés », a déclaré Small-Bartley.

Le comité s’emploiera aussi à accroître la compréhension des jeunes concernant les alternatives à l’emprisonnement, la justice restauratrice, les programmes de dérivation, la sécurité sur Internet et les approches de prévention de la criminalité fondées sur la santé publique.

Ses membres devraient contribuer à des dialogues régionaux, des ateliers techniques et des symposiums dans le cadre de ces efforts.

Small-Bartley a indiqué que les jeunes à travers les Caraïbes sont touchés de manière disproportionnée par la criminalité et la violence, que ce soit en tant que victimes, personnes jugées à risque ou celles qui entrent en contact avec le système de justice pénale.

« Des défis structurels tels que le chômage, l’exclusion sociale, un accès limité à la justice, la détention préventive prolongée, l’usage limité des peines non privatives de liberté et des menaces émergentes comme la cybercriminalité accroissent leur vulnérabilité », a-t-elle ajouté.

La mise en place de ce comité s’inscrit dans les efforts plus vastes de CARICOM visant à s’attaquer à la criminalité et à améliorer les systèmes de justice dans la région.

CARICOM avait auparavant commandé une étude tripartite examinant la détention avant procès, les peines non privatives de liberté et les mécanismes de justice alternatifs, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Cette initiative a donné lieu à l’élaboration du Document diagnostique CARICOM-PNUD et du Cadre d’action CARICOM-PNUD, qui servent à éclairer les approches régionales en matière de criminalité, de violence, de résilience et de sécurité humaine.

Sherwin Toyne-Stephenson, responsable du programme crime et sécurité au Secrétariat de CARICOM, a indiqué que l’institution régionale élabore désormais des outils fondés sur les résultats de l’étude, en adoptant une approche axée sur la santé publique, la prévention et une justice intégrée.

« Le YAC-PCV est au cœur de s’assurer que ces efforts restent pertinents, accessibles et durables », a déclaré Toyne-Stephenson.

CARICOM a affirmé que ce nouveau comité illustre son engagement à faire des jeunes des participants actifs à la prévention de la criminalité plutôt que de simples bénéficiaires des politiques régionales visant à réduire la violence.

Luis Méndez

Luis Méndez

Je m’appelle Luis Méndez, journaliste originaire de Saint-Domingue et passionné par les récits de nos territoires. Depuis plus de dix ans, je parcours les Caraïbes pour raconter les histoires qui nous rassemblent, entre mémoire, culture et actualité. À Radio Télévision Caraïbes, je m’engage chaque jour à donner la parole à celles et ceux qui font battre le cœur de nos îles.