Plus de 160 Haïtiens expulsés des États-Unis après la fin du TPS

Plus de 160 Haïtiens ont été expulsés des États-Unis à la suite de la fin du statut de protection temporaire (TPS) qui visait des centaines de milliers de Haïtiens.

Un avion transportant 161 déportés s’est posé jeudi à Cap-Haïtien, dans le nord d’Haïti, plutôt qu’à Port-au-Prince, où la violence des gangs rend les déplacements de plus en plus dangereux, selon CBS News.

Ce vol de déportation survient après que les États-Unis ont mis fin aux protections TPS qui concernaient environ 350 000 Haïtiens autorisés à vivre et travailler légalement sur le territoire.

Le gouvernement américain interdit actuellement les vols commerciaux vers la capitale haïtienne pour des raisons de sécurité, et cette restriction est en vigueur jusqu’au début septembre.

Jean Négot Bonheur Delva, directeur général de l’Office national haïtien de l’immigration, a indiqué que le groupe arrivé jeudi comprenait à la fois des titulaires du TPS et des Haïtiens ayant purgé leur peine de prison aux États‑Unis.

« Ce n’est pas l’État haïtien qui demande leur retour », a déclaré Delva. « Notre mission est d’accueillir les migrants rapatriés de force. Nous les recevons dans le but de les accompagner jusqu’à leur domicile. »

Delva a précisé que certains des déportés n’étaient pas nés en Haïti mais avaient des origines haïtiennes, ce qui pourrait compliquer leurs chances de réinstallation.

Il a souligné le cas d’un déporté né en République dominicaine et qui, selon les informations, connaissait peu Haïti.

« Il y en a un migrant qui ne sait rien d’Haïti parce qu’il a dit venir de la République dominicaine; c’est là qu’il est né », a déclaré Delva.

Les autorités haïtiennes tenteront de mettre ce migrant en relation avec des proches en Haïti ou en République dominicaine, où vivent ses parents.

Selon Delva, plusieurs déportés prévoient de se rendre dans le sud d’Haïti, malgré les risques sérieux sur le trajet. Des gangs armés contrôlent des itinéraires clés vers des zones du sud du pays et ont été dénoncés pour avoir ouvert le feu sur des véhicules.

D’autres prévoyaient de se rendre dans l’ouest d’Haïti.

Les autorités haïtiennes de l’immigration ont fourni aux migrants de retour de la nourriture et des boissons ainsi qu’une aide financière pouvant aller jusqu’à 65 dollars.

« Ceux qui n’arrivent pas à rentrer chez eux aujourd’hui seront hébergés dans des espaces sécurisés et, le lendemain, la procédure se poursuivra jusqu’à ce que tous les migrants retournent chez eux comme ils le doivent », a déclaré Delva.

Il n’était pas immédiatement clair combien des 161 déportés avaient vécu aux États‑Unis sous TPS.

Les Haïtiens bénéficient du TPS aux États‑Unis depuis 2010, année où un séisme dévastateur a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes et en a déplacé plus d’un million.

La Cour suprême des États‑Unis a donné son feu vert en juin pour que le gouvernement fédéral puisse mettre fin aux protections TPS, touchant les immigrants haïtiens et plusieurs autres pays.

Des recours juridiques sont ensuite revenus devant les tribunaux inférieurs, mais le gouvernement fédéral n’avait pas renouvelé les permis de travail des titulaires haïtiens du TPS à la fin juillet.

Plus tôt ce mois-ci, un juge fédéral de Washington a levé une ordonnance qui empêchait la déportation des Haïtiens bénéficiant du TPS, ouvrant ainsi un nouvel obstacle juridique à ces expulsions.

Luis Méndez

Luis Méndez

Je m’appelle Luis Méndez, journaliste originaire de Saint-Domingue et passionné par les récits de nos territoires. Depuis plus de dix ans, je parcours les Caraïbes pour raconter les histoires qui nous rassemblent, entre mémoire, culture et actualité. À Radio Télévision Caraïbes, je m’engage chaque jour à donner la parole à celles et ceux qui font battre le cœur de nos îles.