Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme appelle les États-Unis à mettre fin aux déportations vers Haïti et à enquêter sur la mort de 23 migrants

Le responsable suprême des droits humains des Nations unies a exhorté les États‑Unis à mettre fin aux déportations vers Haïti et à diligenter des enquêtes sur la mort d’au moins 23 migrants détenus par les autorités américaines depuis le début de l’année 2026.

Volker Türk, Haut‑Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a exprimé des inquiétudes concernant les pratiques d’application des lois sur l’immigration des États‑Unis lundi, lors de l’ouverture d’une session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, appelant à un contrôle accru des conditions de détention et à la responsabilité pour les décès en détention.

Türk a exhorté les autorités américaines à mener des enquêtes approfondies sur chacun des décès et à apporter des réponses aux familles des victimes.

Il a aussi exprimé des préoccupations quant au fait que des migrants soient renvoyés vers des pays où ils pourraient être exposés à des dangers graves, citant notamment Haïti, qui continue de lutter contre une violence généralisée des gangs, des déplacements et une crise humanitaire.

« J’exhorte les États‑Unis à suspendre le retour des personnes vers des lieux où elles pourraient subir un préjudice irréparable, y compris Haïti, et à garantir une procédure régulière pour toutes les expulsions vers des pays tiers », a confié Türk au conseil.

Ses propos interviennent au moment où les États‑Unis étendent leurs mesures d’application de l’immigration, y compris des dispositifs prévoyant le transfert de certains déportés vers des pays tiers avec lesquels ils n’ont peut‑être eu aucun lien préalable.

Türk a insisté sur le fait que les déportations doivent se conformer aux protections internationales des droits humains et que les migrants ne devraient pas être renvoyés vers des pays où ils pourraient courir le risque d’un préjudice irréparable.

Le chef des droits de l’homme de l’ONU a également exprimé son alarmisme face à des plans rapportés par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) des États‑Unis visant à équiper les agents d’immigration de gants à décharges électriques.

Türk a averti que l’introduction de ces dispositifs pourrait « accroître la violence associée à leurs opérations ».

Ses observations s’inscrivent dans un contexte de surveillance internationale accrue des politiques migratoires américaines, en particulier du traitement des migrants en détention, de l’usage de la force lors des opérations d’application des lois sur l’immigration et du transfert de déportés vers des pays tiers.

L’appel à suspendre les déportations vers Haïti survient alors que la nation caribéenne demeure plongée dans une crise sécuritaire prolongée qui a forcé d’importants mouvements de population et a fortement perturbé l’accès aux services essentiels.

Les Nations Unies ont à plusieurs reprises averti des risques liés au retour de personnes vers Haïti dans un contexte de sécurité et de conditions humanitaires qui se dégradent.

L’appel de Türk rappelle également le principe selon lequel les gouvernements ne devraient pas renvoyer des personnes vers des pays où elles seraient confrontées à des menaces graves pour leur vie, leur sécurité ou leurs droits fondamentaux.

Luis Méndez

Luis Méndez

Je m’appelle Luis Méndez, journaliste originaire de Saint-Domingue et passionné par les récits de nos territoires. Depuis plus de dix ans, je parcours les Caraïbes pour raconter les histoires qui nous rassemblent, entre mémoire, culture et actualité. À Radio Télévision Caraïbes, je m’engage chaque jour à donner la parole à celles et ceux qui font battre le cœur de nos îles.