Le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, exerce une pression sur les États-Unis pour obtenir des explications sur les raisons pour lesquelles ce pays des Caraïbes est considéré comme une affaire de sécurité nationale justifiant des restrictions de visa.
Lors d’un discours samedi, Browne a indiqué que son administration poursuit les discussions avec des responsables du Département d’État et a écrit directement au président Donald Trump afin d’obtenir des éclaircissements sur ces mesures.
Le chef du gouvernement a ajouté que son gouvernement n’est pas au courant d’aucune action d’Antigua-et-Barbuda qui puisse être raisonnablement perçue comme hostile envers les États‑Unis ou constituer une menace à leur sécurité nationale.
Browne a aussi interrogé le traitement réservé aux pays des Caraïbes qui gèrent des programmes de citoyenneté par l’investissement (CBI), par lesquels des ressortissants étrangers éligibles peuvent obtenir la citoyenneté en contrepartie d’un investissement approuvé.
Il a fait remarquer que plusieurs pays touchés par les mesures américaines entretiennent des relations diplomatiques avec la Chine, tandis que certains États caribéens qui reconnaissent Taïwan n’ont pas été confrontés à des restrictions analogues.
Browne a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une simple observation et qu’il ne préconisait pas que les États-Unis imposent des restrictions à d’autres pays.
Le Premier ministre a rappelé qu’Antigua-et-Barbuda est prête à travailler avec Washington pour traiter toute préoccupation légitime entourant son programme CBIs et d’autres sujets affectant les relations bilatérales.
Cependant, il a dit que le gouvernement souhaite obtenir une plus grande clarté de la part des autorités américaines quant à la raison d’être des restrictions et aux préoccupations précises de sécurité nationale impliquant Antigua-et-Barbuda.
Browne a également reconnu les difficultés rencontrées par les dirigeants des petits États en développement pour obtenir un contact direct avec un président américain, affirmant que cet accès est limité à moins que Washington n’organise des discussions plus larges avec la région.