Le gouvernement des Bahamas ne renouvellera pas les contrats de 31 enseignants cubains pour la prochaine année scolaire, tandis que le recrutement de professionnels de santé cubains demeure suspendu en raison des discussions avec les États-Unis concernant le programme cubain de travail à l’étranger.
Le ministère de l’Éducation a confirmé que ces enseignants ne seraient pas réengagés, même si certains avaient exprimé leur intention de revenir dans le système scolaire public.
Le ministère a indiqué que le renouvellement des contrats n’avait jamais été garanti et que les enseignants concernés disposeraient d’un délai suffisant pour régler leurs affaires personnelles avant de quitter le pays.
« Notre priorité reste le recrutement et l’engagement d’enseignants bahamiens qualifiés », a déclaré le ministère, ajoutant qu’un nombre important de nouveaux enseignants locaux avaient déjà été recrutés et que le recrutement se poursuivait.
Le ministère a précisé que des enseignants étrangers pourraient être recrutés lorsque des postes ne peuvent pas être pourvus par des Bahamiens adéquatement qualifiés.
Cette décision a suscité des inquiétudes quant à de potentielles pénuries de personnel, notamment dans les domaines spécialisés tels que le soudage, l’agriculture et d’autres disciplines techniques.
Le député de la circonscription centrale de Grand Bahama, Frazette Gibson, a critiqué la manière dont les enseignants cubains ont été informés et a averti que leur départ pourrait perturber les programmes en cours.
Un enseignant cubain non identifié a confié à un journal local que le groupe avait appris que leurs contrats ne seraient pas renouvelés lors d’une réunion peu après leur arrivée aux Bahamas.
Dans le même temps, le ministre de la Santé et du Bien-être, le docteur Michael Darville, a déclaré que les négociations avec les responsables américains concernant les professionnels de la santé cubains se poursuivaient.
Il a ajouté que des responsables gouvernementaux devaient rencontrer l’ambassadeur cubain, Juan Carlos Marcof Sánchez, pour discuter de la question.
The Tribune a rapporté que l’Autorité des hôpitaux publics avait également décidé de ne pas proroger les contrats des travailleurs médicaux cubains, à moins qu’ils ne disposent d’un statut légal dans le pays ou qu’ils soient mariés à des Bahamiens.
Les États‑Unis ont accusé Cuba d’avoir recours à des pratiques coercitives pour contrôler les travailleurs déployés à l’étranger et de retenir une grande partie de leurs revenus. La Havane a à plusieurs reprises rejeté ces allégations.
Washington a l’année dernière élargi les restrictions de visa à l’encontre des responsables qu’il prétendait être impliqués dans le programme médical cubain à l’étranger.
L’administration Davis a ensuite mis fin à ses accords contractuels avec l’agence publique cubaine de recrutement médical et a proposé d’employer directement les professionnels de santé cubains s’ils souhaitaient rester aux Bahamas.
Cependant, ces dispositions n’ont pas été finalisées, et le recrutement de personnel médical cubain additionnel reste en suspens.
Le ministre des Affaires étrangères, Fred Mitchell, s’est refusé à dire si les préoccupations des États‑Unis avaient influencé les décisions du gouvernement concernant les travailleurs cubains.
Par ailleurs, le ministère de l’Éducation a exprimé sa gratitude envers les enseignants cubains qui quittent le pays pour leur contribution au système scolaire public.