Une organisation de défense des droits humains appelle à des mesures urgentes pour renforcer la protection des enfants à Antigua-et-Barbuda, à la suite de révélations selon lesquelles plus de 200 cas de maltraitance d’enfants ont été enregistrés depuis le début de 2026.
L’IUDHR (Implementation Universal Declaration of Human Rights), dans une déclaration publiée par Global Advocate for Human Rights et Voice for Women and Children, et du Dr Sanett Hanniford, a qualifié les chiffres rapportés de « crise des droits de l’enfant » et a appelé à des lois plus strictes, à des enquêtes, à des poursuites et à des services de soutien pour les survivants.
« La révélation selon laquelle plus de 200 cas de maltraitance d’enfants ont été enregistrés à Antigua-et-Barbuda cette année, et l’année n’est pas encore terminée, devrait ébranler la conscience de notre nation », indique la déclaration. « Plus de 200 cas. Ce n’est pas simplement une statistique. C’est une crise des droits de l’enfant. »
Selon l’organisation, les cas signalés englobent des abus sexuels et physiques, tandis que les autorités avertissent que le nombre réel pourrait être nettement plus élevé, car de nombreux incidents ne sont pas rapportés.
L’IUDHR a pointé une série de développements intervenus ces derniers mois qui, selon elle, témoignent d’une inquiétude grandissante quant à la protection des enfants dans cette nation insulaire jumelle.
Au début du mois de juillet, des rapports indiquaient que plus de 105 cas de maltraitance d’enfants avaient déjà été enregistrés, ce qui a suscité des appels en faveur d’un réexamen des lois de protection de l’enfance du pays. Le gouvernement a par la suite annoncé l’organisation de Rencontres publiques nationales sur la protection de l’enfant.
Le 20 août, le gouvernement a annoncé son intention d’introduire des peines minimales et maximales pour les infractions sexuelles graves impliquant des mineurs. Cinq jours plus tard, le ministre de la Transformation sociale et urbaine a révélé que plus de 200 cas avaient été signalés depuis le début de l’année, selon la déclaration de l’IUDHR.
L’organisation souligne que ces chiffres devraient encourager une plus grande vigilance quant à la manière dont les signalements d’abus sont enquêtés et à l’accès des survivants à un soutien psychologique et social suffisant.
« Nous ne pouvons pas continuer à dire à nos filles de se protéger tout en n’affrontant pas suffisamment les adultes qui les violent », a déclaré la déclaration. « Nos enfants ne devraient pas porter la responsabilité d’empêcher les crimes qui leur sont commis. »
L’IUDHR a également appelé à mettre fin au traitement des abus sexuels comme une affaire privée de la famille et a averti contre le fait que la peur, la honte, l’intimidation ou les liens sociaux empêchent les enfants de signaler des abus.
L’organisation a noté qu’Antigua-et-Barbuda est partie à la Convention des droits de l’enfant des Nations Unies, qui exige des pays qu’ils protègent les enfants contre la violence, les abus sexuels et l’exploitation.
Elle a cité spécifiquement les articles 19, 34 et 39 de la convention, qui traitent de la protection contre la violence et l’exploitation sexuelle, ainsi que de la réhabilitation et de la réintégration sociale des enfants ayant subi des abus.
Antigua-et-Barbuda a en outre ratifié le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant la vente d’enfants, la prostitution infantile et la pornographie juvénile.
L’IUDHR a déclaré que la responsabilisation des contrevenants doit être accompagnée d’un soutien à long terme pour les enfants ayant subi des abus.
« Lorsque les auteurs sont déclarés coupables à l’issue d’une procédure régulière, ils doivent faire face à des conséquences graves et proportionnées prévues par la loi », a déclaré l’organisation. « Nos lois et nos systèmes doivent être suffisamment solides pour protéger les enfants, tenir les auteurs responsables et dissuader de futurs délit. »
Elle a ajouté que les autorités doivent aussi considérer comment les survivants reçoivent du conseil, poursuivent leur éducation et reconstruisent leur vie après les abus.
L’organisation a reconnu les mesures récentes du gouvernement, notamment les rencontres publiques sur la protection de l’enfance et les réformes pénales proposées, mais elle estime qu’il faut aller plus loin.
L’IUDHR appelle à un renforcement urgent des systèmes de protection de l’enfance, des lois, des enquêtes, des poursuites, du soutien aux survivants, des programmes de prévention et des mécanismes nationaux de signalement.
« Plus de 200 cas signalés doivent devenir un tournant national et ne pas rester un simple titre dans les journaux », indique la déclaration.
« Nos enfants méritent plus que des promesses. Ils méritent la protection. Ils méritent la justice. Ils méritent la guérison. Ils méritent la dignité. Ils méritent un avenir. »