Le Guatemala dépêche des troupes supplémentaires en Haïti après la disparition de quatre soldats salvadoriens.

Le Guatemala a déployé un nouveau contingent militaire en Haïti afin de renforcer la Force internationale de lutte contre les gangs (GSF), alors que les efforts se poursuivent pour localiser quatre militaires salvadoriens portés disparus après l’attaque contre leur véhicule blindé.

L’armée guatémaltèque a annoncé ce déploiement dimanche 18 octobre, indiquant que des éléments de sa 2e unité de police militaire rejoindraient la GSF pour des opérations de sécurité internationales en Haïti.

La cérémonie de départ s’est déroulée sur la base de l’armée de l’air guatémaltèque et a été présidée par le ministre national de la Défense, le général de division Henry David Sáenz Ramos. L’attaché militaire des États-Unis accrédité au Guatemala était également présent.

Bien que l’armée n’ait pas dévoilé la taille du contingent ni sa date d’arrivée prévue, l’agence espagnole EFE a rapporté qu’il comptait plus de 50 membres du personnel. Les troupes ont quitté l’aéroport international La Aurora, à Guatemala‑City.

Ce déploiement s’inscrit dans la contribution du Guatemala aux efforts internationaux visant à lutter contre la violence des gangs en Haïti. Le président Bernardo Arévalo de León a annoncé comme objectif le déploiement de 300 militaires guatémaltèques pour appuyer les efforts de sécurité dans le pays.

Le départ du nouveau contingent coïncidait avec une attaque visant quatre techniciens de l’aviation salvadoriens affiliés à la GSF, dans le cadre de la Task Force Libertad II du Salvador.

Les quatre ont disparu dimanche après que leur véhicule blindé a été pris pour cible à Croix-des-Bouquets, une zone près de Port-au-Prince contrôlée par des gangs armés.

Selon les forces armées salvadoriennes, les techniciens revenaient à leur camp lorsque des groupes armés ont attaqué le véhicule avec des explosifs et l’ont incendié. Les quatre ont réussi à s’échapper du véhicule en flammes, mais leur localisation restait inconnue lundi.

Les autorités salvadoriennes ont indiqué avoir dépêché des hélicoptères dans la zone pour localiser le personnel disparu, mais les appareils ont eux aussi été pris pour cible. Les tentatives d’approche par voie terrestre et aérienne ont été entravées par les combats soutenus.

Cette attaque a été la première offensive majeure contre du personnel international depuis le début des opérations de la GSF en Haïti plus tôt cette année. La force a indiqué qu’elle évaluait la situation et a conseillé aux habitants de la zone touchée de rester chez eux.

Cet incident souligne les défis sécuritaires auxquels fait face la mission internationale alors qu’elle cherche à freiner l’influence des gangs armés et à rétablir l’accès à des routes et infrastructures clés.

La force autorisée par les Nations Unies a remplacé la mission multinationale de soutien à la sécurité dirigée par le Kenya et dispose d’un mandat allant jusqu’à 5 500 personnels en uniforme, soutenus par des partenaires internationaux. Parmi les pays contributeurs figurent le Guatemala, le Salvador et la Jamaïque, entre autres.

Selon l’Associated Press, la force comptait plus de 2 000 soldats déployés en Haïti d’ici au mois d’octobre. Son premier rapport d’avancement présenté à l’ONU recensait 1 213 membres en uniforme au 31 août, dont 150 policiers militaires guatémaltèques et 20 personnels jamaïcains.

La GSF a mené des patrouilles et des opérations de sécurité dans Port‑au‑Prince et ses environs, y compris à Tabarre et à Cité Soleil, et a établi une présence à Gonaïves, en dehors de la capitale. Cependant, la violence des gangs continue de menacer les civils et le personnel international.

Les Nations Unies ont signalé que la violence des gangs a déplacé près d’1,5 million de personnes en Haïti. Plus de 5 700 personnes ont été tuées ou blessées entre janvier et la mi-septembre, tandis que plus de 230 autres ont été kidnappées, selon les chiffres cités par l’Associated Press.

La dernière attaque survient alors qu Haïti se prépare à son premier scrutin général depuis plus d’une décennie, la mission de sécurité internationale devant contribuer à établir les conditions d’une sécurité publique accrue et à la restauration de l’autorité de l’État.

Luis Méndez

Luis Méndez

Je m’appelle Luis Méndez, journaliste originaire de Saint-Domingue et passionné par les récits de nos territoires. Depuis plus de dix ans, je parcours les Caraïbes pour raconter les histoires qui nous rassemblent, entre mémoire, culture et actualité. À Radio Télévision Caraïbes, je m’engage chaque jour à donner la parole à celles et ceux qui font battre le cœur de nos îles.