NEW YORK (AP) — Le jury du procès de Sean « Diddy » Combs pour trafic sexuel a examiné lundi de nouvelles vidéo recordings, notamment celles de sex marathons qui jouent un rôle central dans l’affaire. La procédure devrait probablement se terminer d’ici mardi.
L’assistante du procureur américain, Maurene Comey, a fait référence à ces vidéos, majoritairement de courtes durées d’une à deux minutes, tournées par le magnat de la musique, en les qualifiant de vidéos « explicites ». Cette désignation était destinée à indiquer aux jurés de mettre des casques d’écoute, afin d’entendre et de voir les enregistrements sans que ces images ne soient audibles ou visibles par les spectateurs présents dans la salle d’audience à Manhattan.
Les procureurs ont utilisé ces événements, sur plusieurs jours, durant lesquels des drogues semblaient jouer un rôle majeur, comme éléments de preuve dans le cadre des accusations de trafic sexuel et de complot en rackette. Selon eux, Combs aurait fait appel à ses employés, ses associés ainsi qu’à ses comptes professionnels pour organiser le déplacement de prostitués masculins vers Miami, Los Angeles, Las Vegas et New York. Ses collaborateurs auraient préparé des chambres d’hôtel pour ces rencontres et s’occupaient de leur nettoyage après coup.
La semaine dernière, le procureur a montré au jury environ deux minutes de séquences vidéo datant de 2012 et 2014, illustrant des interactions entre Combs, son ex-petite amie Casandra « Cassie » Ventura, un travailleur du sexe masculin et Combs lui-même. Cassie avait précédemment témoigné avoir participé à des centaines de ces « freak-off », ces fêtes sexuelles extravagantes. Elle et Combs s’étaient fréquentés de 2007 à 2018.
En 2023, Cassie a intenté une action en justice contre Combs, l’accusant d’abus répétés. Il a rapidement réglé l’affaire, en quelques heures, mais de nombreuses autres poursuites similaires ont suivi.
L’Associated Press ne nomme généralement pas les victimes d’abus sexuel à moins qu’elles ne s’expriment publiquement, ce que Cassie a effectivement fait dans ce cas.
La défense, la semaine dernière, a présenté au jury environ 18 minutes de séquences vidéo provenant de performances sexuelles impliquant Cassie. Un avocat a affirmé lors de ses déclarations d’ouverture que ces vidéos démontraient que l’activité sexuelle était consensuelle, arguant qu’elles ne constituaient pas une preuve de crime.
Lundi, les procureurs ont diffusé près de 20 minutes d’enregistrements datant de 2021 et 2022, montrant une mère seule identifiée uniquement sous le nom de « Jane », des prostitués masculins et Combs. Cette femme a témoigné durant six jours du début du procès qu’elle avait entretenu une relation amoureuse avec Combs, de 2021 jusqu’à son arrestation en septembre dernier dans une chambre d’hôtel à New York.
Joseph Cerciello, agent des Homeland Security Investigations, a témoigné que plusieurs de ces enregistrements, réalisés entre fin 2021 et août dernier, duraient plusieurs heures. Comey a terminé l’interrogatoire de Cerciello en début d’après-midi lundi. Après un contre-interrogatoire mené par la défense, il était prévu que le ministère public clôture sa présentation.
Le procès, qui en est à sa septième semaine, voit ses plaidoiries finales prévues de manière provisoire pour jeudi, après une courte phase de défense dont la présentation devrait être succincte.
À 55 ans, Combs a plaidé non coupable. Il s’est montré très impliqué dans sa défense, rédigeant des notes pour ses avocats et influençant parfois le moment où ils interrompaient l’interrogatoire des témoins.
Par MICHAEL R. SISAK et LARRY NEUMEISTER