Le Premier ministre de Trinité-et-Tobago défend son vote contre une résolution de l’ONU sur l’embargo cubain

La Première ministre Kamla Persad‑Bissessar a défendu la décision de Trinité-et-Tobago de voter contre une résolution des Nations unies appelant à mettre fin à l’embargo économique imposé par les États‑Unis à Cuba, en affirmant que son gouvernement soutient le peuple cubain mais n’appuiera pas ce qu’elle a décrit comme une dictature militaire.

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux mercredi 28 octobre, Persad‑Bissessar a précisé que la position du pays reflète son engagement envers la démocratie, la liberté et les droits fondamentaux de tous les peuples.

« Le UNC soutient le peuple cubain; nous n’appuyons pas une dictature militaire. Le peuple cubain mérite la démocratie », a-t-elle déclaré.

Persad‑Bissessar a ajouté que Trinité-et-Tobago ne soutiendrait pas le système politique de Cuba, faisant valoir que ses citoyens devraient jouir des mêmes droits et libertés démocratiques que ceux des États membres de la Communauté caribéenne (CARICOM), y compris la possibilité d’élire et de changer librement leur gouvernement.

« Pourquoi les citoyens des pays CARICOM devraient‑ils avoir le droit d’élire et de changer librement leurs gouvernements alors que le peuple cubain se voit refuser ce même choix démocratique ? », a-t-elle demandé.

Elle a également appuyé la position du secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a plaidé en faveur de réformes politiques à Cuba, affirmant que le gouvernement des États‑Unis avait été à l’avant‑garde d’une campagne en faveur de la démocratie sur l’île.

Persad‑Bissessar a soutenu que les appels à la compassion envers le peuple cubain avaient été instrumentalisés pour défendre un système politique qui leur prive des libertés démocratiques fondamentales.

Tout en reconnaissant les souffrances et les difficultés économiques rencontrées par les Cubains ordinaires, elle a accusé la direction du pays et leurs familles de vivre dans le luxe alors que la population subit des conditions pénibles.

« L’exploitation des Cubains ordinaires au profit des vies somptueuses des personnes liées au régime au pouvoir doit cesser », a-t-elle déclaré.

La première ministre a soutenu que la position de Trinité-et-Tobago visait la leadership politique de Cuba et non son peuple, ajoutant que son gouvernement respectait le droit souverain des autres nations à déterminer leurs politiques étrangères et attendait la même considération en retour.

La déclaration a fait suite au vote mercredi à l’Assemblée générale des Nations unies, où 130 pays ont soutenu une résolution appelant à mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier des États‑Unis contre Cuba. Dix-sept pays ont voté contre la mesure, dont Trinité-et-Tobago et les États‑Unis, tandis que 25 se sont abstenus.

La résolution a été adoptée pour la 34e année consécutive, bien que le soutien ait sensiblement diminué par rapport aux 165 pays qui avaient voté en faveur en 2025.

L’opposition de Trinité-et-Tobago marque une rupture historique par rapport à sa position de longue date sur la question. Le pays s’était abstenu lorsque la résolution a été introduite pour la première fois en 1992, mais avait voté en faveur chaque année par la suite jusqu’en 2025.

Cette décision a également mis Trinité-et-Tobago en désaccord avec la majorité de ses partenaires CARICOM. Sept pays de la région ont soutenu la résolution, tandis que la Jamaïque, le Guyana et Haïti se sont abstenus. Antigua-et-Barbuda, Dominique et Sainte-Lucie n’ont pas enregistré de vote.

La résolution annuelle de l’Assemblée générale est non contraignante et n’impose pas aux États‑Unis de lever leurs sanctions contre Cuba.

Persad‑Bissessar a conclu que son gouvernement défend la démocratie, la liberté, la dignité humaine et le droit pour chaque citoyen, y compris les Cubains, de déterminer leur avenir politique.

Luis Méndez

Luis Méndez

Je m’appelle Luis Méndez, journaliste originaire de Saint-Domingue et passionné par les récits de nos territoires. Depuis plus de dix ans, je parcours les Caraïbes pour raconter les histoires qui nous rassemblent, entre mémoire, culture et actualité. À Radio Télévision Caraïbes, je m’engage chaque jour à donner la parole à celles et ceux qui font battre le cœur de nos îles.