Haïti s’est qualifiée pour la Coupe du Monde pour la deuxième fois de son histoire après avoir remporté le Groupe C des éliminatoires de la CONCACAF — une réussite majeure pour une nation longtemps marquée par l’insécurité, l’instabilité politique et les catastrophes naturelles. Toutefois, les fans haïtiens pourraient ne pas pouvoir assister aux matchs de leur équipe, car une grande partie de la Coupe du Monde 2026 se déroulera aux États-Unis, un pays qui interdit actuellement l’entrée aux citoyens haïtiens en vertu d’un décret présidentiel émis par le président Donald Trump en juin 2025. Seuls les athlètes, les entraîneurs, les officiels et les membres de la famille immédiate bénéficient d’une exemption, laissant les supporteurs ordinaires sans orientation claire.
Pour éviter les complications liées à l’immigration, la FIFA envisage d’attribuer Haïti à un groupe dont la majorité des matchs se joueront au Canada, l’un des co-hôtes du tournoi. Selon les options de calendrier publiées en juin 2024, Haïti pourrait être placé dans le Groupe L, disputant deux rencontres à Toronto les 17 et 23 juin, ou dans le Groupe G, qui comprend deux matchs à Vancouver les 21 et 26 juin. Un troisième lieu de match reste à déterminer, et la FIFA n’a pas confirmé si les fans seraient soumis à l’interdiction de voyage américaine.
Le Canada est perçu comme la destination logique pour les rencontres d’Haïti en raison des liens historiques et culturels profonds. L’afflux de Haïtiens vers le Canada francophone a réellement débuté en grand nombre dans les années 1970, sous le régime de Duvalier. Aujourd’hui, environ 178 000 personnes d’origine haïtienne vivent au Canada — environ 80 % d’entre elles dans le Québec, notamment dans la région métropolitaine de Montréal. Haïti figure parmi les quinze pays qui comptent le plus d’immigrants au Canada, faisant du pays une base naturelle pour les supporters haïtiens durant la Coupe du Monde.